L’armée américaine a arraisonné lundi matin un porte-conteneurs iranien près du Golfe, provoquant un regain de tension immédiat. Cette intervention militaire intervient alors que de nouvelles négociations diplomatiques devaient s’ouvrir pour consolider le cessez-le-feu observé depuis début avril.
Tôt ce lundi, le Commandement central américain (CENTCOM) a pris le contrôle du Touska, un navire sous pavillon iranien. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le destroyer lance-missiles USS Spruance a tiré sur la salle des machines avec un canon de 127 mm pour immobiliser le bâtiment. Le navire tentait de traverser le détroit d’Ormuz depuis la mer d’Oman en direction du port iranien de Bandar Abbas, bravant ainsi le blocus naval instauré par les États-Unis depuis une semaine.
Avant de recourir à la force, les militaires américains ont multiplié les avertissements. Ces sommations sont restées lettre morte pendant six heures, période durant laquelle l’équipage a refusé de suivre les ordres d’évacuation de la salle des machines. À la suite des tirs de neutralisation, les troupes de la 31e unité expéditionnaire des Marines, déployées par hélicoptères depuis l’USS Tripoli, ont abordé et pris le contrôle de ce navire de 294 mètres de long et 32 mètres de large.
Le président Donald Trump a fait savoir que les forces américaines procédaient à l’inspection de la cargaison à bord. Le Touska ainsi que ses propriétaires étaient déjà sous le coup de sanctions du département du Trésor américain. Le blocus naval en cours interdit le passage de tout navire lié à l’Iran, ciblant principalement les exportations de pétrole de Téhéran.
Cette opération a provoqué la suspension immédiate des pourparlers bilatéraux. Qualifiant l’arraisonnement de « piraterie », le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a confirmé que Téhéran annulait l’envoi de ses négociateurs à Islamabad. Le Pakistan s’apprêtait à accueillir dès mardi une rencontre avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. De son côté, le commandement militaire iranien, par la voix d’un porte-parole de Khatam al-Anbiya, a annoncé la préparation de mesures de représailles.