La cour de l’Institut Français de Saint-Louis a servi de cadre, le week-end dernier, à la présentation de l’album « ALAFIA » de l’artiste togolais Ivalmok. Actuellement en résidence à la Villa Ndar, ce créateur multidisciplinaire a proposé une performance explorant les interactions entre le corps, la musique et les nouvelles technologies.
Adjamlan Comlavi Joël, connu sous le nom de scène Ivalmok, définit son approche comme un travail de recherche hybride débuté en 2021. Ingénieur du son, beatmaker, mais aussi danseur et chorégraphe, il s’interroge sur l’impact des outils numériques dans notre quotidien. « Le corps, le son, la technologie, tout cela ensemble que nous vivons chaque jour avec nos téléphones… J’essaie de voir c’est quoi l’impact sur nous et dans l’avenir, ça va devenir quoi », explique-t-il. Sa réflexion porte notamment sur l’essor de l’intelligence artificielle et ses conséquences sur l’emploi et la société d’ici cinquante ans.
L’artiste précise toutefois ne pas vouloir imposer de réponses figées, mais plutôt ouvrir le débat à travers son art. « Je ne veux pas donner une réponse, mais c’est un apport de solution, de réfléchir comment on peut utiliser ces technologies qui viennent à nous », a-t-il déclaré. Pour ce premier album de sept titres, il fusionne ses compétences en danse et en ingénierie sonore pour matérialiser ces questionnements sur scène.
Bien qu’ayant déjà séjourné au Sénégal, notamment à Dakar et Toubab Dialaw, Ivalmok découvre Saint-Louis pour la première fois. Il exprime une forte appréciation pour l’identité culturelle locale. « J’adore le Sénégal, parce que l’identité culturelle ici est très accentuée et vous êtes resté très traditionnel, surtout votre langue et votre culture, le ‘’mbalax’’, vous ne lâchez pas », souligne-t-il. Cette immersion lui permet de confronter sa recherche sur les technologies modernes aux réalités et perceptions locales.
Concernant la réception de son style au Togo, Ivalmok admet qu’il s’agit encore d’une phase de découverte pour le public. Il s’inspire également de ses passages en Europe, à Marseille et Paris, où il a observé des techniques de composition musicale plus avancées technologiquement. Son ambition est désormais de partager ces expérimentations, tout en continuant à peaufiner son message et son intégration dans l’industrie musicale.