Royaume-Uni : pour tourner la page d’un lourd scandale, l’Église anglicane confie sa direction à un profil inédit

La communion anglicane vient de franchir un cap décisif dans son histoire. Après une période de turbulences marquée par la démission de son précédent chef spirituel, une cérémonie d’installation très attendue s’est déroulée ce mercredi à la cathédrale de Canterbury, au Royaume-Uni, actant le début d’une nouvelle ère pour l’institution.

Sarah Mullally, âgée de 63 ans, a été formellement intronisée archevêque de Canterbury. Cette ancienne infirmière devient ainsi la première femme à diriger l’Église d’Angleterre et à assumer le rôle de guide spirituel pour les quelque 85 millions d’anglicans à travers le monde. L’événement s’est tenu devant 2 000 invités, parmi lesquels figuraient le prince William et son épouse Catherine, le Premier ministre britannique Keir Starmer, ainsi que de nombreux dignitaires religieux.

Cette installation intervient dans un contexte de transition délicat pour l’institution. Sarah Mullally succède à Justin Welby, contraint de démissionner en 2024 en raison d’un scandale lié à la dissimulation d’abus sexuels sur mineurs au sein de l’Église. Lors de son premier sermon, la nouvelle archevêque a publiquement reconnu les souffrances engendrées par ces manquements passés, insistant sur la nécessité de s’engager en faveur de la vérité, de la compassion et de la justice.

La cérémonie, qui coïncidait avec la fête de l’Annonciation, a été ponctuée de choix symboliques. Selon la chaîne Al Jazeera, Sarah Mullally portait une chape fixée par un fermoir inspiré de la ceinture qu’elle utilisait lors de ses années de service au sein du système de santé public britannique (NHS). Elle arborait également un anneau offert en 1966 par le pape Paul VI à l’un de ses prédécesseurs, Michael Ramsey. Au cours de son allocution, elle a formulé des prières pour la paix dans plusieurs zones de conflit, citant explicitement le Moyen-Orient, l’Ukraine, le Soudan et le Myanmar.

L’accession d’une femme à ce poste, bien que légalement entérinée depuis janvier, s’est heurtée à des résistances internes. Le bloc conservateur de la Global Anglican Future Conference, composé majoritairement d’églises d’Afrique et d’Asie opposées au leadership féminin et à la bénédiction des couples de même sexe, avait initialement critiqué cette nomination. Toutefois, ce groupe a récemment abandonné son projet de désigner une figure de proue parallèle pour rivaliser avec Canterbury, optant plutôt pour la création d’un nouveau conseil. Parallèlement, le Conseil consultatif anglican a retiré une proposition de présidence tournante, maintenant ainsi le rôle de leadership traditionnel du siège de Canterbury.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire