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Revue de presse du 21 Juin 2014: L’inculpation de Samuel Sarr en exergue

  • Aliou FAMA Aliou FAMA

Les quotidiens annoncent le placement sous mandat de dépôt de l’ancien ministre et opposant Samuel Sarr, un sujet qui leur sert de raccourci vers les sujets politiques, qui font l’essentiel de leur menu de jeudi.

« Samuel Sarr placé sous mandat de dépôt » au terme de sa garde à vue à la Section de recherches de la gendarmerie », à Colobane (Dakar), où l’ancien ministre de l’Energie avait passé la nuit de mardi à mercredi, annonce le quotidien Le Soleil, donnant le ton à la plupart des autres journaux.

M. Sarr « a été inculpé et placé sous mandat de dépôt hier (mercredi) par le juge du deuxième cabinet d’instruction près le tribunal Hors classe de Dakar », écrit le journal, précisant qu’il lui est notamment reproché des « manœuvres et actes de nature à troubler la sécurité publique, à attenter et à saper le moral des populations », sans compter les délits de diffusion de fausses nouvelles et d’offense au chef de l’Etat.

Selon Walfadjri, face au juge d’instruction, « Samuel Sarr s’est présenté comme un +otage de Macky Sall+ », le président de la République. « J’ai la sensation et la désagréable impression d’avoir été enlevé par le pouvoir, pour m’empêcher de parler et d’exercer mes droits de citoyen libre », aurait-il déclaré au magistrat, rapporte Walfadjri.

« Avant qu’il ne soit inculpé et placé sous mandat de dépôt, Samuel Amet Sarr – qui se considère comme un otage politique – a battu en brèche l’accusation selon laquelle il a offensé le chef de l’Etat », indique Le Populaire, reproduisant les mêmes propos cités par Walfadjri.

« Dans un article publié sur son compte Facebook, Samuel Sarr a accusé le chef de l’Etat de s’être enrichi illicitement. Il a par ailleurs publié un relevé de compte bancaire attribué à Macky Sall d’un solde de sept milliards en 2007, alors que ce dernier était Premier ministre », rappelle Le Quotidien.

« Un faux relevé », assure Libération. « Les responsables de la Bank of Africa (BOA) affirment, éléments techniques à l’appui, que le compte bancaire attribué au chef de l’Etat est un faux. Presque au même moment, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique activait la Division des investigations criminelles pour faire la lumière sur cette affaire », souligne ce journal.

Sud Quotidien, La Tribune et L’As lient l’inculpation de l’ancien ministre de l’Energie à la présence en prison de Karim Wade, le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade. Samuel Sarr devrait rejoindre Karim Wade à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, à Dakar.

Samuel Sarr devrait de fait rejoindre Karim Wade à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, à Dakar. Le premier est poursuivi pour offense au chef de l’Etat, entre autres délits. Le second doit répondre d’un patrimoine évalué par la justice à 117 milliards de francs CFA, dans le cadre de la traque des biens présumés mal acquis.

« Sale temps pour les wadistes », commente Enquête. Samuel Sarr « n’a rien fait, il ne mérite pas d’être en prison. C’est un règlement de comptes politiques que nous dénonçons, et nous nous battrons avec les moyens du droit. Et nous opposerons le droit à la force de l’Etat », a déclaré son avocat, El Hadji Amadou Sall, cité par le même journal.

Direct Info livre, à ce sujet, cette analyse : « L’histoire politique du Sénégal est constellée d’emprisonnements liés à une +offense au chef de l’Etat+. La dernière victime a été le libéral Bara Gaye, qui a séjourné à l’hôtel zéro étoile de Rebeuss pour être tombé sous le coup de l’article 80. A sa sortie, il est devenu maire d’une commune de Yeumbeul. La prison ne mène-t-elle pas au pouvoir ? »

L’Observateur annonce que le chef de l’Etat Macky Sall « va en guerre contre le PDS », le Parti démocratique sénégalais, la formation de Samuel Sarr et d’autres opposants.

« Ça risque de chauffer dans les prochains jours sur le terrain politique. Les sorties virulentes du Parti démocratique sénégalais auront une réplique salée. Le ton est donné par Macky Sall, qui a utilisé des mots forts pour annoncer une guerre contre les libéraux. Aussi a-t-il galvanisé ses troupes pour une contre-offensive à la hauteur des attaques subies », écrit le journal.

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