Le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani, prépare une offensive diplomatique à Bruxelles. Alors que la répression des manifestations en Iran continue de susciter l’indignation internationale, Rome entend franchir un nouveau cap dans les sanctions européennes lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères.
La position de l’Italie se durcit face à Téhéran. Ce lundi, le gouvernement italien a fait savoir qu’il porterait une proposition concrète devant ses partenaires européens pour répondre à la crise humanitaire en cours en Iran. L’objectif affiché est d’apporter une « réponse claire » aux pertes subies par la population civile.
Une inscription sur la liste noire européenne
Selon l’agence Anadolu, Antonio Tajani proposera officiellement, ce jeudi 29 janvier à Bruxelles, d’ajouter les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Cette démarche vise à sanctionner institutionnellement le bras armé et idéologique du régime, accusé de jouer un rôle central dans l’écrasement du mouvement de contestation.
Le ministre italien a précisé qu’il soumettrait cette demande « en coordination avec d’autres partenaires », laissant entendre qu’un consensus pourrait se dessiner au sein des Vingt-Sept. Outre cette mesure symbolique et juridique forte, la diplomatie italienne n’exclut pas l’adoption de sanctions individuelles supplémentaires ciblant les responsables directs des violences.
L’ampleur de la répression en chiffres
Cette initiative diplomatique s’appuie sur des bilans alarmants concernant la situation sur le terrain. Les données relayées par l’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, font état de près de 6 000 personnes tuées lors des violences liées aux manifestations. Des milliers d’autres cas font actuellement l’objet d’enquêtes, soulignant la gravité de la crise.
Pour rappel, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), créé en 1979, ne constitue pas une simple milice. Placée sous l’autorité directe du guide suprême Ali Khamenei, cette entité dispose de ses propres forces terrestres, navales et aériennes, ainsi que d’un puissant appareil de renseignement, souvent considéré comme mieux équipé que l’armée régulière iranienne.