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« Remettre les fonds propres à zéro » : la formule proposée par Air Sénégal pour sortir de l’impasse financière

Près d’un an après les premières directives gouvernementales visant à redresser la compagnie aérienne nationale, la mise en œuvre se fait toujours attendre. Lors de l’édition 2026 du « Ndogou de la presse » tenue à Dakar ce jeudi 12 mars, la direction d’Air Sénégal a exposé l’urgence de la situation, marquée par une flotte drastiquement réduite et un besoin vital de restructuration financière.

Les orientations pour la relance ont pourtant été actées. Comme le souligne Sud Quotidien, des décisions majeures ont été prises lors d’une réunion interministérielle le 3 avril 2025, puis réitérées en Conseil des ministres le 11 février dernier avec une instruction d’exécution sous 30 jours. Toutefois, l’application effective reste en suspens. « Nous sommes toujours en attente de leur matérialisation effective pour pouvoir décoller seuls », a précisé Farba Diouf, Directeur général adjoint de la compagnie.

Pour assainir une situation financière critique, avec des fonds propres évalués à -237 milliards de francs CFA en 2024, la direction a soumis plusieurs mécanismes à l’État. L’objectif est de reconstituer ces fonds sans exiger de décaissement direct. La solution privilégiée consiste à transformer le concours financier de l’État en actions, via une opération de « coup d’accordéon » destinée à remettre les fonds propres à zéro. À cela s’ajoute une proposition de convention de dette croisée pour transférer certaines créances à l’État avant leur conversion, une étape présentée comme indispensable pour permettre à Air Sénégal de mobiliser de nouveaux financements dans le cadre de son plan de développement sur cinq ans.

Sur le plan opérationnel, ces lenteurs institutionnelles ont des conséquences directes sur la qualité du service. Interrogé sur les retards et annulations fréquents, Assane Samb, Directeur commercial et marketing, a pointé du doigt un déficit critique d’appareils. Actuellement, la compagnie ne compte que trois avions en exploitation, tous sous contrat de location. « Sans le soutien de l’État pour renforcer cette flotte, nous serons toujours exposés au risque de retards ou d’annulations », a-t-il averti.

Si la compagnie précise s’être récemment dotée de nouveaux outils informatiques pour notifier les passagers en cas de perturbation, un obstacle pratique demeure : l’absence fréquente de coordonnées valides dans les dossiers de réservation, ce qui complique la communication avec les voyageurs concernés au moment des incidents de vol.

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