La tension monte d’un cran à l’approche de la Coupe du monde de cricket T20. Alors que l’organisation de tournois internationaux exige généralement une diplomatie sportive sans faille, le Conseil international du cricket (ICC) se retrouve confronté à une impasse géopolitique majeure. Le Bangladesh, invoquant des raisons de sécurité, maintient fermement son refus de disputer ses matchs en Inde, poussant l’instance mondiale à envisager des mesures de rétorsion d’une rare sévérité.
Malgré les tentatives de médiation, les positions semblent irreconciliables. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le Bangladesh a réitéré sa volonté de voir ses rencontres délocalisées au Sri Lanka, rejetant catégoriquement l’idée de voyager chez son voisin indien. Cette posture a provoqué une réaction immédiate de l’ICC, qui a posé un ultimatum de 24 heures au Bangladesh Cricket Board (BCB). L’instance dirigeante a été claire sur la conséquence d’un refus persistant : l’exclusion pure et simple du tournoi, avec un remplacement immédiat par l’Écosse dans le groupe C.
Le président du BCB, Aminul Islam, ne semble pourtant pas intimidé par la menace d’exclusion. À l’issue d’une réunion de crise à Dhaka impliquant les responsables fédéraux, les joueurs et des représentants du gouvernement, il a confirmé la ligne dure de son pays. « Nous retournerons vers l’ICC avec notre plan de jouer au Sri Lanka », a-t-il déclaré, qualifiant l’ultimatum de procédé discutable pour une instance mondiale. Pour les dirigeants bangladais, l’ICC aurait plus à perdre en se privant d’une audience de 200 millions de téléspectateurs qu’en cédant sur la localisation des matchs.
Le calendrier initial prévoit que le Bangladesh débute sa compétition le 7 février contre les Indes occidentales à Calcutta, suivi de deux autres matchs au même endroit et d’une rencontre finale à Mumbai. Cependant, le climat politique entre Dhaka et New Delhi s’est considérablement dégradé depuis août dernier et la fuite de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina vers l’Inde. Ce contexte tendu a déjà eu des répercussions sportives, notamment le retrait précipité du lanceur vedette Mustafizur Rahman de l’Indian Premier League (IPL).
De son côté, l’ICC affirme avoir fourni des évaluations de sécurité indépendantes et des garanties formelles des autorités indiennes, concluant à l’absence de menace crédible. L’instance estime que le lien établi par le BCB entre la sécurité du tournoi et des incidents isolés n’est pas justifié. Une lecture contestée par Asif Nazrul, conseiller au ministère de la Jeunesse et des Sports du gouvernement intérimaire bangladais, qui déplore l’absence de communication directe de la part du gouvernement indien pour apaiser les craintes de la délégation.