« Réformes à l’ARP : une opportunité à ne pas manquer »

Position sur les récentes réformes à l’ARP

Les récents changements intervenus au sein de l’Agence de Régulation Pharmaceutique (ARP) vont inévitablement susciter des réactions.

Certains lobbys pharmaceutiques, qu’ils soient d’ordre économique ou liés à des positionnements politiques, ne s’en réjouiront pas.
Cela est compréhensible.

Mais au regard de la situation que traversait l’institution, ces décisions apparaissent aujourd’hui nécessaires et inévitables.

  1. Une réforme qui bouscule des intérêts établis

Du côté de certains acteurs économiques, des interrogations émergent légitimement, notamment autour de l’application de la loi sur la corrélation.

Dans certains cas, des dérives dans sa mise en œuvre ont pu être perçues comme un instrument de restriction de la concurrence, au lieu d’un mécanisme de régulation équilibrée.

Les conséquences d’une mauvaise application de cette loi pourraient apparaître à court terme :
• des ruptures de produits,
• une réduction de l’offre,
• une pression accrue sur les médicaments princeps,
• ainsi que des impacts sociaux, notamment en termes d’emplois.

Ces préoccupations doivent être entendues, sans pour autant remettre en cause la nécessité de réformes structurelles profondes.

  1. Une recomposition politique inévitable

Sur le plan politique également, ces changements ne sont pas neutres :
• certaines attentes de promotion ont été déçues,
• des équilibres internes ont été bousculés,
• et des tensions ont pu influencer la séquence.

Cependant, le profil retenu aujourd’hui semble s’inscrire au-delà des logiques de positionnement politique, ce qui constitue un signal positif pour l’institution.

  1. Appel à une gouvernance fondée sur le mérite

À la nouvelle direction, un message clair :

Garantir l’indépendance, la transparence et le mérite.

Cela passe notamment par :
• des appels à candidatures ouverts et compétitifs,
• une sélection fondée sur la compétence,
• la fin de toute perception de recrutement basée sur des appartenances politiques.

L’ARP doit demeurer une institution technique, et non un espace de positionnement partisan.

  1. Sur les inspecteurs : une position équilibrée

Il est essentiel d’adopter une lecture juste :

✔ Oui, les inspecteurs ont agi dans un contexte difficile.
✔ Oui, il existait un risque qu’ils soient désignés comme seuls responsables.

Mais :

❌ La communication publique n’était pas conforme aux obligations statutaires.
❌ Le devoir de réserve (article 5) s’impose à tous.

Les inspecteurs ne peuvent, dans l’exercice de leurs fonctions, se défendre publiquement à travers les réseaux sociaux ou des prises de position individuelles.

Il convient désormais de sortir d’une logique d’affrontement pour aller vers une régulation institutionnelle apaisée, cohérente et structurée.

  1. Nécessité d’assainir l’ARP

La priorité aujourd’hui est claire :

✔ mettre fin au clanisme,
✔ restaurer la confiance interne,
✔ protéger l’indépendance technique.

Un inspecteur doit exercer :
• dans l’anonymat,
• à l’abri des pressions,
• dans un cadre institutionnel sécurisé.

Dans cette logique, des réaffectations fonctionnelles peuvent être envisagées, non comme sanctions, mais comme mesures de stabilisation.

  1. Clarification sur la nomination et soutien à la nouvelle direction

Halte à la confusion.

Pour occuper les fonctions de
Directeur de l’Inspection pharmaceutique, de la Surveillance du Marché et des Vigilances,
il n’est pas exigé d’être titulaire d’un master dans chacun de ces domaines.

Le cadre réglementaire et académique repose avant tout sur une exigence fondamentale :

être titulaire d’un doctorat en pharmacie, formation par essence multidisciplinaire, couvrant les dimensions scientifiques, réglementaires et sanitaires.

En l’espèce,
Serigne Oumar Sarr :
• est pharmacien industriel,
• est Professeur titulaire des universités,
• est concepteur du Master en Régulation Pharmaceutique,
• et dispose d’une légitimité académique et scientifique reconnue.

Par ailleurs, s’agissant du master en inspectorat pharmaceutique :

le Pr Serigne Oumar Sarr figure parmi les principaux formateurs et responsables de cette formation.

Enfin, il est essentiel de rappeler que ce poste ne se limite pas à l’inspection :

il englobe également la surveillance du marché et les vigilances sanitaires, nécessitant une vision globale, intégrée et stratégique.

Sa nomination s’inscrit ainsi dans une logique de renforcement de la crédibilité technique et institutionnelle.

Conclusion

Les changements en cours à l’ARP marquent un tournant.

Ils ne feront pas l’unanimité.
Mais ils offrent une opportunité stratégique majeure :

celle de refonder une régulation pharmaceutique crédible, indépendante et orientée vers l’intérêt général.

Il reste désormais à mener le même effort d’assainissement au niveau de l’Ordre des pharmaciens, afin de garantir une représentation équitable, au service de l’ensemble de la profession, et non d’intérêts particuliers.

Dr Mamoudou Ba
Pharmacien – Option Industrie
Drug Safety & Affaires Réglementaires
Marketing Pharmaceutique

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