Invité de l’émission « Point de vue » sur la RTS ce dimanche, le Professeur Souleymane Bachir Diagne s’est prononcé sur la polémique entourant le recrutement de 59 enseignants-chercheurs sénégalais par la Guinée. L’universitaire plaide pour une structuration formelle de la mobilité académique afin d’éviter toute confusion préjudiciable aux institutions.
Pour le philosophe, l’expression « exode des cerveaux » utilisée par certains observateurs pour qualifier cette situation apparaît inappropriée. Selon nos informations reprises de Sud Quotidien, il estime qu’il est peu probable que des universitaires sénégalais choisissent de s’exiler durablement en Guinée. Il s’agit avant tout d’une réponse à un appel d’offres concernant des missions ponctuelles. Les profils concernés, souvent hautement qualifiés dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, ne semblent pas avoir vocation à abandonner leurs postes au Sénégal.
Le Pr Diagne juge toutefois légitimes les interrogations du ministère de l’Enseignement supérieur concernant le cadre légal de ces interventions. Il rappelle le principe universel d’exclusivité de l’emploi, soulignant qu’un enseignant ne peut être titulaire de deux postes simultanément. Cette mobilité gagnerait, selon lui, à s’inscrire rigoureusement dans le protocole d’accord de coopération universitaire déjà existant entre le Sénégal et la Guinée, ce qui permettrait à la tutelle de vérifier la compatibilité avec la charge de travail au niveau national.
Enfin, l’universitaire met en garde contre ce qu’il nomme la tentation d’une « carrière horizontale ». Cette pratique consiste à multiplier les engagements contractuels pour des motifs financiers, au détriment de la recherche fondamentale, de la publication et de l’avancement académique classique. Une dynamique qui, à terme, risque d’affecter la productivité intellectuelle et la qualité scientifique des chercheurs.