Le procès de l’islamologue suisse Tariq Ramadan s’est ouvert devant la cour criminelle départementale de Paris dans un climat de tension procédurale. Attendu pour répondre à des accusations de viols, l’enseignant de 62 ans ne s’est pas présenté à l’audience, invoquant un état de santé incompatible avec un déplacement. Ce défaut de comparution a entraîné une réplique immédiate des autorités judiciaires et de la défense.
Vendredi, la justice française a officiellement émis un mandat d’arrêt international à l’encontre de Tariq Ramadan, constatant son absence depuis l’ouverture des débats le 2 mars dernier. L’agence Anadolu précise que l’accusé était hospitalisé à Genève depuis le 27 février pour des complications liées à une sclérose en plaques. Ses avocats avaient, dès le début de la semaine, sollicité un renvoi de ce procès prévu pour s’étaler sur quatre semaines.
La cour a rejeté cette demande de report en s’appuyant sur l’avis d’un expert judiciaire, lequel a conclu que l’état de santé de l’accusé lui permettait de se présenter à la barre. Une évaluation catégoriquement rejetée par la défense. Lors d’un entretien accordé à Anadolu, Me Ouadie Elhamamouchi a affirmé que le neurologue traitant de son client certifiait son inaptitude à comparaître. L’avocat a également soulevé la partialité présumée de l’expert mandaté par la cour parisienne, rappelant que ce dernier est en conflit ouvert avec Tariq Ramadan depuis 2018.
Face au maintien de l’audience malgré les justificatifs médicaux fournis, les quatre avocats constituant l’équipe de défense ont décidé de quitter la salle d’audience en signe de protestation. Dénonçant une parodie de justice, Me Elhamamouchi a assuré que son client ne cherchait pas à se soustraire à la procédure, mais exigeait de pouvoir y assister dans des conditions médicales appropriées.
Cette affaire s’inscrit dans un dossier où trois femmes, dont deux issues de milieux identitaires, accusent l’islamologue de viols. Parallèlement à cette procédure en France, Tariq Ramadan réclame la révision de son récent procès en Suisse, où il a été condamné en appel après un acquittement en première instance. Il maintient que ces accusations visent principalement la figure intellectuelle musulmane qu’il représente en Europe.
Au gnouf !