Présidentielle au Pérou : après 9 présidents en 10 ans, la liste des candidats pour dimanche atteint un seuil inédit

Les électeurs péruviens sont appelés aux urnes ce dimanche pour le premier tour de l’élection présidentielle. Ce scrutin intervient dans un climat politique profondément fracturé, marqué par une instabilité institutionnelle chronique qui redessine les contours de la compétition électorale.

Au cours de la dernière décennie, le palais du gouvernement a vu défiler neuf présidents. Parmi eux, un seul a pu achever son mandat, tandis que la quasi-totalité des autres ont été incarcérés ou visés par des enquêtes pénales, principalement pour des faits de corruption. Cette valse des dirigeants a durablement entamé la confiance des citoyens.

Face à cet éclatement du paysage politique, la course à la présidence a pris une tournure inédite. Selon Al Jazeera, la liste officielle compte un nombre record de 35 candidats, dont la majorité reste méconnue du grand public. Parmi les figures en lice, Ricardo Belmont, ancien maire de Lima au début des années 1990, a clôturé sa campagne sur l’historique place San Martin. À 80 ans, le doyen des candidats a axé son discours sur la nécessité d’éradiquer la corruption qui gangrène les partis traditionnels.

Si le vote est obligatoire pour les 34 millions d’habitants du pays, l’engouement populaire semble absent. Fernando Tuesta, politologue à l’Université pontificale catholique du Pérou et ancien responsable de l’autorité électorale nationale, décrit un électorat « frustré, fatigué et apathique ». Face à cette lassitude, les instituts de sondage s’attendent à ce qu’une part importante des bulletins déposés dimanche soient blancs. Les deux prétendants qui obtiendront le plus de suffrages s’affronteront lors d’un second tour prévu en juin, dans un paysage politique où les prédictions demeurent extrêmement volatiles.

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