Les électeurs béninois sont appelés aux urnes ce dimanche pour choisir le successeur de Patrice Talon. Si la victoire de l’ancien ministre des Finances, Romuald Wadagni, semble se dessiner, le déroulement du vote révèle une dynamique particulière sur le terrain.
Plus de 7,9 millions d’inscrits, dont 62 000 membres de la diaspora, étaient attendus dans les centres de vote entre 7h00 et 16h00. Romuald Wadagni, 49 ans et soutenu par la coalition au pouvoir, affronte Paul Hounkpe, ancien ministre de la Culture. Ce dernier a pu valider sa candidature grâce au parrainage de députés de la majorité, après le rejet du dossier de René Agbodjo, figure du parti d’opposition Les Démocrates.
Sur le terrain, l’engouement populaire se fait attendre. Le correspondant de la chaîne Al Jazeera, Ahmed Idris, présent dans un bureau de vote à Cotonou, a fait état d’un rythme de participation particulièrement lent, soulignant qu’aucune urne n’était pleine. Cette faible affluence s’explique en grande partie par les controverses liées à l’accréditation des candidats. Une frange de la population juge le scrutin non inclusif, certains électeurs ayant ouvertement déclaré leur intention de s’abstenir face à l’éviction de personnalités majeures de l’opposition.
Le futur chef de l’État héritera d’un bilan contrasté. Le président sortant Patrice Talon, qui se retire après deux mandats, laisse derrière lui une croissance économique estimée à 7 % l’an dernier, mais un taux de pauvreté qui dépasse toujours les 30 %. Romuald Wadagni a promis de faire de l’éradication de l’extrême pauvreté et de l’accès à l’eau potable ses priorités. De son côté, Paul Hounkpe a dénoncé un rétrécissement de l’espace politique et un manque de retombées économiques concrètes pour les citoyens.
Outre l’économie, la sécurité constituera le défi majeur du prochain gouvernement. Le Bénin subit les assauts du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, particulièrement actif dans le nord du pays. Cette détérioration sécuritaire a déjà coûté la vie à de nombreux soldats béninois, dont 54 lors d’une seule attaque l’année dernière et 15 autres le mois dernier. Les résultats provisoires de ce scrutin présidentiel sont attendus ce mardi.