L’eurodéputée française Rima Hassan et son avocat se sont exprimés publiquement à Paris, au lendemain du placement en garde à vue de l’élue pour apologie du terrorisme. Face aux accusations qui pèsent sur la représentante politique, la défense a détaillé sa riposte en ciblant directement les méthodes employées par les enquêteurs et en apportant des précisions médicales.
Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, Rima Hassan estime faire l’objet d’un « harcèlement judiciaire et politique » motivé par ses positions sur la question palestinienne. Sur le plan strictement légal, son avocat, Me Vincent Brengarth, a qualifié la mesure de privation de liberté de « parfaitement illégale ». La défense soutient que le recours à la procédure de flagrance a servi à contourner l’immunité parlementaire de l’eurodéputée. À l’appui de cet argument, l’avocat précise que le message à l’origine de l’affaire, publié sur le réseau social X, avait été supprimé avant même le début de la garde à vue.
L’affaire découle d’une publication de fin mars faisant référence à Kozo Okamoto, membre de l’Armée rouge japonaise impliqué dans l’attaque de l’aéroport de Lod en 1972, qui avait fait 26 morts. Suite à un signalement du ministre de l’Intérieur français et à des plaintes d’organisations, le parquet de Paris a convoqué l’élue devant le tribunal correctionnel le 7 juillet prochain. Une autre audience est prévue le 16 septembre pour deux autres publications. L’infraction d’apologie du terrorisme en ligne est passible, en France, de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende.
Le dossier a pris une dimension supplémentaire avec l’ouverture d’une procédure distincte liée aux stupéfiants, suite à une fouille des effets personnels de l’élue. Me Brengarth a indiqué que sa cliente détenait deux contenants de CBD, une substance dont la commercialisation est encadrée mais autorisée. Si l’un des récipients a révélé des traces de drogue de synthèse, l’avocat a formellement souligné qu’un test urinaire a écarté toute consommation de stupéfiants par l’eurodéputée. Il a par ailleurs dénoncé des violations répétées du secret de l’enquête, affirmant avoir pris connaissance de certains éléments de l’audition par voie de presse.
Notre rédaction note que le Parlement européen a confirmé être en contact avec les autorités nationales et le groupe politique de la députée, sans commenter le fond des procédures. Depuis le début de l’année 2024, Rima Hassan s’est présentée à chaque convocation des enquêteurs. Sur l’ensemble des dossiers ouverts à son encontre par le pôle national de lutte contre la haine en ligne, treize ont déjà été classés sans suite par le parquet.