La régulation de l’espace numérique pour les mineurs franchit un nouveau palier dans l’Hexagone. Alors que les débats sur l’exposition des plus jeunes aux écrans s’intensifient, le chef de l’État français a décidé de passer à la vitesse supérieure. Loin des simples recommandations, l’exécutif vise désormais une mise en application rapide d’une mesure radicale concernant l’accès aux plateformes sociales.
Dans une démarche visant à contourner les délais parlementaires habituels, Emmanuel Macron a explicitement demandé au gouvernement d’engager une « procédure accélérée ». L’objectif affiché par la présidence est sans équivoque : permettre l’entrée en vigueur de l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans dès la prochaine rentrée scolaire. Selon les informations rapportées par Anadolu, qui s’appuie sur un document vidéo consulté par nos confrères de BFMTV, cette instruction présidentielle vise à transformer une ambition de longue date en réalité législative immédiate.
**Une convergence avec l’initiative parlementaire**
Cette accélération du calendrier politique s’aligne sur les travaux parlementaires en cours. Le président français a tenu à saluer le travail de la députée Laure Miller (Ensemble pour la République), rapporteure de la commission d’enquête sur les effets de TikTok. L’exécutif se range ainsi derrière sa proposition de loi, jugée « beaucoup plus simple » par le chef de l’État car focalisée sur un objectif unique et lisible : la barrière d’âge de 15 ans.
Le texte, qui doit être examiné ce lundi en première lecture à l’Assemblée nationale, bénéficie d’un soutien appuyé au sommet de l’État. Emmanuel Macron a remercié la députée et son équipe pour avoir préparé le terrain à cette réforme, évoquant une concrétisation attendue « depuis plusieurs années » dans le cadre de la régulation des plateformes numériques.
**« Le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre »**
Pour justifier cette urgence législative, le président n’a pas hésité à employer des termes forts, ciblant directement le modèle économique des géants du numérique. « Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n’est pas à vendre », a-t-il martelé, pointant du doigt les algorithmes conçus pour capter l’attention des jeunes utilisateurs. Cette posture s’inscrit dans la continuité des initiatives françaises portées lors du Forum de Paris sur la Paix concernant la protection de l’enfance en ligne.
Outre la question des réseaux sociaux, le périmètre de cette reprise en main numérique s’étend également aux établissements scolaires. Le chef de l’État a évoqué l’interdiction des téléphones portables dans les lycées, estimant que le message envoyé par les autorités est désormais dénué d’ambiguïté. Entre l’école et la maison, la stratégie française se durcit pour tenter d’endiguer l’emprise des écrans sur les mineurs.
Toutes les autorités responsables doivent s’inspirer de cette loi pour protéger nos enfants et nos adolescents des plateformes numériques.
Ibrahima Diouf Niokhobaye.