La capitale libyenne est devenue, depuis ce vendredi, le point de convergence des acteurs majeurs de l’énergie et de l’économie régionale. Dans un contexte de reconstruction et de volonté de stabilisation économique, les autorités de Tripoli accueillent des délégations internationales pour définir les contours de l’avenir énergétique du pays. L’enjeu dépasse la simple extraction de ressources : il s’agit de transformer un potentiel géologique immense en infrastructures durables.
Organisé par la plateforme Energy Capital & Power, le Sommet libyen de l’énergie et de l’économie (LEES) 2026 en est à sa quatrième édition. Cette rencontre de trois jours bénéficie du soutien direct du gouvernement d’Union nationale, du ministère du Pétrole et du Gaz, ainsi que de la Compagnie nationale du pétrole (NOC). L’objectif affiché par les organisateurs est de créer une synergie entre les décideurs politiques locaux et les investisseurs étrangers autour d’un thème central : « Infrastructures et investissements au service de la croissance énergétique ».
Le Premier ministre libyen, Abdulhamid Dbeibeh, a donné le ton lors de l’ouverture, soulignant la nécessité de partenariats stratégiques. Cette volonté d’ouverture se matérialise par la présence de figures internationales, notamment le ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar. Ce dernier participe à un panel ministériel aux côtés de ses homologues libyens et régionaux, visant à positionner la Libye non plus seulement comme un réservoir de brut, mais comme un leader énergétique mondial.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, les discussions techniques se concentrent sur des axes précis. Il ne s’agit pas uniquement de signer des contrats d’achat, mais de financer la réhabilitation des champs existants et la modernisation des raffineries. Le gouvernement met également l’accent sur la mise à niveau des infrastructures de transport d’électricité, un maillon essentiel pour la stabilité sociale et économique du pays.
Au-delà des hydrocarbures, Tripoli entend diversifier son mix énergétique. Les tables rondes abordent les opportunités dans les énergies renouvelables, profitant de l’exposition solaire exceptionnelle du territoire. Des banques multilatérales de développement et des fonds privés sont sollicités pour évaluer les options de financement de ces projets verts, marquant une transition progressive vers des solutions durables.
Les données de l’OPEP rappellent l’ampleur des atouts libyens dans ces négociations. Le pays figure parmi les dix premiers détenteurs de réserves prouvées de pétrole au monde, avec une estimation d’environ 48,4 milliards de barils. À cela s’ajoutent des réserves de gaz naturel évaluées à 1,5 billion de mètres cubes. C’est sur cette base factuelle solide que la Libye espère convaincre les capitaux internationaux de s’engager dans la modernisation de son appareil productif.