La recrudescence des agressions en milieu scolaire impose un changement de stratégie au sommet de l’État français. Alors que les mesures sécuritaires et disciplinaires constituent le levier habituel des autorités, le ministère de l’Éducation nationale opère un virage dans sa communication en s’adressant directement à la sphère privée. Ce n’est plus seulement l’élève qui est visé par les rappels à l’ordre, mais bien la structure familiale, désormais sollicitée pour combler ce que l’institution ne parvient plus à gérer seule.
C’est par le biais d’une lettre adressée à l’ensemble des parents d’élèves que le ministre français de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a choisi de réagir. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette démarche fait suite à une série d’incidents graves, dont l’agression à l’arme blanche d’une enseignante à Sanary-sur-Mer le 3 février dernier. Dans ce courrier, le responsable gouvernemental appelle à un « sursaut collectif » et pose un diagnostic lucide sur les capacités de l’institution : « L’École fait beaucoup, mais elle ne peut pas tout. »
Une demande d’engagement explicite des familles
Le message ministériel ne se limite pas à un constat. Il définit une feuille de route précise pour les parents, les invitant à restaurer l’autorité de l’institution au sein même du foyer. Édouard Geffray insiste sur la nécessité d’un dialogue constant entre parents et enfants pour rappeler les « règles élémentaires » de comportement. « Nous avons besoin de vous », martèle le texte, qui exhorte les familles à signaler tout fait de harcèlement ou de violence, qu’il soit subi ou observé.
Au-delà de la vigilance, le ministre demande aux parents d’inculquer à leurs enfants le respect dû au personnel éducatif. Cette prise de position vise à recréer une alliance entre l’école et la famille, un lien jugé indispensable pour endiguer la violence verbale et physique. Le ministre rend par ailleurs hommage aux centaines de milliers de personnels de l’éducation, qualifiés de « fierté » et d’« espoir » pour la nation.
Un contexte marqué par des chiffres alarmants
Cette initiative intervient dans un climat de forte tension. L’agression de Sanary-sur-Mer, où une professeure d’arts plastiques a été poignardée par un élève de 14 ans, n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans une tendance lourde qui préoccupe les autorités françaises. Outre les violences physiques, le harcèlement scolaire demeure un fléau massif. Les données officielles relayées par Anadolu font état de plus de 10 000 affaires liées à cette infraction enregistrées par la justice française entre 2022 et 2024.