Si les récentes directives du Chef de l’État concernant la protection des artistes ont été accueillies favorablement par les acteurs culturels, leur traduction concrète dans le quotidien des créateurs reste suspendue à une procédure administrative spécifique. La Sénégalaise du Droit d’Auteur et des Droits Voisins (Sodav) a tenu à préciser le cadre légal exact qui conditionne désormais le déblocage des fonds attendus.
La volonté politique affichée au sommet de l’État ne suffit pas encore, techniquement, à déclencher le mécanisme. Selon les informations relayées par nos confrères d’IGFM, la Sodav a salué les instructions données par le Président de la République, tout en rappelant une réalité juridique incontournable : la mise en œuvre effective de la Rémunération pour Copie Privée (RCP) est entièrement tributaire de la signature du décret d’application.
Ce texte réglementaire constitue la clé de voûte du dispositif. Le Conseil d’administration de la structure de gestion collective indique avoir mené une intense campagne de plaidoyer et de sensibilisation ces derniers mois. L’objectif était de démontrer aux autorités que la RCP n’est pas une simple option, mais un outil fondamental pour assurer une « juste rémunération des ayants droit » et garantir le financement pérenne du secteur culturel sénégalais.
Malgré cette attente, la tonalité reste à la collaboration. La Sodav a exprimé sa confiance envers le Ministre de la Culture et le Secrétaire d’État chargé de la Culture pour mener à terme ce processus administratif. L’organisme se dit prêt à accompagner les services de l’État pour transformer cette instruction présidentielle en une réalité tangible pour l’ensemble des créateurs du pays.