Dans un contexte de tensions diplomatiques extrêmes entre Washington et la République islamique, une ouverture significative vient d’être signalée par les autorités iraniennes concernant leur programme nucléaire. Alors que les négociations indirectes se poursuivent via des médiateurs régionaux, Téhéran met sur la table une proposition technique précise touchant au cœur des inquiétudes occidentales : la gestion de son stock de matière fissile hautement enrichie.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera et l’agence officielle IRNA, Mohammad Eslami, chef de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran, a évoqué la possibilité de diluer le stock d’uranium enrichi à 60 %. Ce seuil, considéré par les experts comme proche du niveau nécessaire pour une application militaire, constitue le point de friction central du dossier. Cette opération technique consisterait à mélanger l’uranium enrichi avec d’autres matériaux pour en réduire la pureté, éloignant ainsi la perspective d’une militarisation rapide du programme.
Cependant, cette concession potentielle est assortie d’une condition stricte. Mohammad Eslami a précisé que cette mesure dépendrait de la levée des sanctions qui pèsent sur l’économie iranienne. Le responsable n’a toutefois pas spécifié si l’exigence concernait la totalité des sanctions internationales ou uniquement celles réimposées par les États-Unis.
Cette déclaration intervient alors que l’administration du Président Donald Trump maintient une pression maximale. Le chef de l’État américain a réitéré sa demande d’une interdiction totale de l’enrichissement, une ligne rouge que Téhéran refuse de franchir, invoquant son droit au nucléaire civil dans le cadre du Traité sur la non-prolifération (TNP). L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) rappelle que l’Iran est actuellement le seul pays non doté de l’arme nucléaire à enrichir de l’uranium à ce niveau de 60 %.
Les manœuvres diplomatiques s’intensifient en parallèle de ces annonces techniques. Ali Larijani, conseiller du Guide suprême et figure clé du Conseil suprême de sécurité nationale, doit se rendre à Oman, pays qui, avec le Qatar, joue un rôle central dans la médiation entre les deux puissances. D’après notre confrère Ali Hashem d’Al Jazeera, présent à Téhéran, ce déplacement vise probablement à transmettre des messages cruciaux dans le cadre des pourparlers en cours.
De son côté, le Président iranien Masoud Pezeshkian a qualifié ces échanges d’opportunité pour aboutir à une solution « juste et équilibrée », tout en réclamant des garanties sur les droits nucléaires de son pays. Donald Trump, bien qu’ayant qualifié les récentes discussions de « très bonnes », continue d’agiter la menace de « conséquences lourdes » en cas d’échec, rappelant la présence militaire américaine renforcée dans la région.