Pour ne plus se limiter à une « grande messe », l’exigence opérationnelle posée par le secteur privé au gouvernement

Le Conseil Présidentiel de l’Investissement (CPI) doit impérativement faire sa mue avant sa prochaine tenue prévue en mars. Réunis ce lundi 9 février sous l’égide de la Primature et de l’APIX, les acteurs économiques et les représentants de l’État ont posé les bases d’une réforme en profondeur du dialogue public-privé. L’objectif affiché n’est plus seulement de discuter, mais de corriger les lourdeurs qui pèsent sur l’efficacité du mécanisme actuel.

Cette rencontre préparatoire, organisée sur instruction du président de la République donnée en novembre dernier, visait à recueillir les contributions directes des acteurs économiques. Si le CPI a historiquement permis de lever certains obstacles structurels, le directeur général de l’APIX, Bakary Sega Bathily, reconnaît sans détour que le modèle a atteint ses limites face aux nouvelles exigences économiques du Sénégal, notamment avec l’exploitation des ressources pétrolières et gazières.

Le diagnostic posé par l’autorité administrative est clair : le rythme actuel des concertations ne suit plus la cadence des entreprises. Selon les éléments rapportés par Sud Quotidien, Bakary Sega Bathily pointe du doigt un dispositif où « la mise en œuvre des décisions est parfois lente » et où le dialogue reste « trop centralisé », échouant à capter la réalité des différents secteurs et territoires. Pour l’APIX, l’enjeu est de transformer cet organe purement stratégique en une entité également opérationnelle, capable d’assurer un suivi permanent.

Du côté du secteur privé, l’attente est tout aussi pressante mais se focalise sur la méthode. Baïdy Agne, président du Conseil national du patronat (CNP), a insisté sur la nécessité de dépasser le stade des déclarations d’intention. Pour le patronat, le « CPI rénové » ne doit sous aucun prétexte devenir une simple « grande messe » institutionnelle. L’exigence formulée par le secteur privé repose sur la mise en place d’une véritable instance d’arbitrage et de décision. Concrètement, Baïdy Agne préconise la structuration de groupes de travail thématiques, seuls capables selon lui de traiter efficacement les réformes impactant la vie quotidienne des entreprises.

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