Pour la première fois du siècle, la courbe vitale que l’UNICEF s’attend à voir s’inverser dès cette année

Le constat dressé ce mardi par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) dépasse le simple appel aux dons habituel. Lors de son intervention devant le conseil d’administration, la directrice générale Catherine Russell a décrit un paysage humanitaire en dégradation rapide, projetant des besoins massifs pour plus de 200 millions d’enfants à travers 130 pays à l’horizon 2026. Au cœur de cette alerte mondiale relayée par Anadolu, une projection statistique inquiète particulièrement l’organisation, signalant une rupture potentielle avec deux décennies d’acquis sanitaires.

Ce que redoute la direction de l’agence onusienne n’est rien de moins qu’un basculement historique. Selon Catherine Russell, l’année 2025 pourrait marquer un tournant sombre en devenant « la première année de ce siècle où la mortalité infantile augmente ». Cette perspective viendrait briser une dynamique de progrès ininterrompue depuis des décennies en matière de survie de l’enfant. L’organisation pointe une conjonction de facteurs aggravants, où les conflits armés, les chocs climatiques et l’instabilité économique créent un environnement « de plus en plus difficile » pour les populations vulnérables.

Cette régression sanitaire s’explique en grande partie par une crise des ressources. L’UNICEF dénonce des coupes budgétaires qualifiées d’« abruptes et sévères » qui frappent l’aide internationale. Dans ce contexte de remise en cause du multilatéralisme, les acteurs humanitaires se disent contraints de faire des « choix impossibles » pour déterminer quelles vies prioriser. La santé maternelle et infantile, pourtant érigée en priorité centrale, pâtit directement de cette diminution des moyens.

Le tableau dressé par l’institution inclut également une recrudescence alarmante des atteintes physiques. L’année écoulée a enregistré le nombre le plus élevé jamais documenté de violations graves contre les enfants, incluant les meurtres, les enlèvements et les violences sexuelles. Parallèlement à cette insécurité physique, la sécurité alimentaire s’effondre dans certaines zones : l’agence note la réapparition de la famine en 2025, avec deux situations de famine déclarées simultanément, un fait jugé « sans précédent et profondément alarmant ».

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