Alors que le conflit russo-ukrainien entre dans son 1 446e jour, les affrontements sur le terrain se doublent d’intenses manœuvres diplomatiques. Si les frappes continuent de cibler les infrastructures énergétiques, notamment dans la région de Poltava, l’attention de Kiev se porte désormais sur les modalités précises d’une sortie de crise. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a détaillé les obstacles restants, désignant explicitement le seul acteur international en mesure de débloquer la situation.
Le rôle pivot attribué à la présidence américaine
Selon les informations relayées par Al Jazeera, les négociations trilatérales récentes ont permis de baliser une grande partie du chemin. Sur le plan de paix en 20 points qui sert de base aux discussions, seuls « quelques » éléments restent en suspens. Toutefois, ces points résiduels sont qualifiés par la diplomatie ukrainienne de « plus sensibles et plus difficiles ». Pour Andrii Sybiha, ces questions ne peuvent être tranchées que lors d’une rencontre physique entre les dirigeants.
C’est ici que Kiev pose un constat sans équivoque : seul le président américain Donald Trump disposerait du pouvoir nécessaire pour faire aboutir un tel accord et mettre fin à quatre années de guerre. Cette déclaration place Washington au centre de l’équation finale, non plus seulement comme soutien, mais comme l’unique catalyseur possible de la paix.
Garanties de sécurité et présence militaire
Les contours de l’engagement américain en cas de cessez-le-feu se précisent également. Washington a informé Kiev de sa disposition à ratifier des garanties de sécurité via le Congrès. Ces mesures serviraient de « filet de sécurité » pour soutenir l’accord de paix. Cependant, une ligne rouge est maintenue : aucun soldat américain ne sera déployé sur le sol ukrainien.
Cette absence de troupes américaines au sol pourrait être compensée par d’autres partenaires. Le chef de la diplomatie ukrainienne a confirmé que d’autres nations, au-delà de la France et du Royaume-Uni, se sont dites prêtes à envoyer des troupes en Ukraine. Ces forces agiraient en tant que force de dissuasion pour garantir le respect d’un éventuel accord.
Pression économique et sanctions
Parallèlement aux discussions diplomatiques, la pression économique sur Moscou persiste. Le président Volodymyr Zelenskyy a annoncé de nouvelles sanctions contre des fabricants étrangers fournissant des composants pour les drones et missiles russes, soulignant que Moscou continue de contourner les restrictions internationales.
Sur le plan énergétique, des sources commerciales citées par Reuters indiquent que les raffineurs indiens, dont Indian Oil et Bharat Petroleum, évitent désormais les achats de pétrole russe pour les livraisons d’avril. Cette prise de distance de New Delhi pourrait faciliter la conclusion d’un accord commercial avec les États-Unis, isolant davantage l’économie russe.