La Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSC) vient de porter un coup d’arrêt majeur aux activités d’une vaste entreprise de prêts illégaux opérant depuis la capitale sénégalaise. Cette structure, qui se présentait sous les traits d’une offre de micro-crédits instantanés, cachait en réalité un système sophistiqué d’usure et d’extorsion numérique.
Selon les informations rapportées par Le Quotidien, le centre névralgique de cette organisation se trouvait dans un immeuble discret de Liberté 6. C’est de là que la société Level Technologie exploitait l’application mobile « Hicash ». L’enquête, déclenchée à la suite d’une vague de plaintes, a mis au jour un mécanisme financier illégal ayant brassé plus de 3 milliards de francs CFA.
Le mode opératoire de la plateforme reposait sur des conditions d’emprunt abusives. Les enquêteurs de la Police nationale ont établi que les taux d’intérêt annuels frôlaient les 2800 %, loin des 35 % annoncés aux usagers. Concrètement, pour un prêt de 10 000 francs CFA, le client ne percevait que 6 500 francs CFA après la retenue immédiate de prétendus frais de service. L’intégralité de la somme initiale devait ensuite être remboursée sous sept jours.
Au-delà de ces taux prohibitifs, le réseau s’appuyait sur des méthodes de recouvrement d’une grande violence psychologique. Les locaux de Liberté 6 abritaient un centre d’appel de 70 employés, dont 60 étaient exclusivement affectés au recouvrement agressif. L’application extrayait les données personnelles des téléphones des emprunteurs, notamment leurs répertoires et leurs photos. Dès le premier jour de retard de paiement, ces informations étaient utilisées pour harceler et menacer non seulement le client, mais également ses proches et ses contacts professionnels.
Lors de leur descente, les éléments de la DSC ont saisi une importante logistique : des Simbox destinées à contourner les réseaux de communication légaux, des agrégateurs de paiement pour masquer les flux financiers, du matériel informatique de pointe, ainsi que plusieurs dizaines de millions de francs CFA en espèces. Les données exploitées révèlent que plus de 100 000 demandes de crédits ont été traitées par la structure, générant un préjudice provisoirement estimé à 1 milliard de francs CFA.
L’entreprise exerçait ses activités sans aucune autorisation de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). À l’issue de l’opération, la directrice générale de la structure et quatre de ses collaborateurs ont été interpellés puis déférés devant le procureur de la République près le Pool judiciaire financier. La Police nationale a profité de ce démantèlement pour appeler les populations à la plus grande vigilance face aux offres de crédit en ligne.
Ta trop de voleurs au Sénégal ils sont formé par des nigériens