Le rappeur Rifou s’est vivement opposé aux nouvelles directives du ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, concernant la gestion sécuritaire des combats de lutte et le phénomène du « simol ». D’après l’artiste, l’État fait preuve d’une indignation sélective en ciblant les lutteurs tout en ignorant les nombreuses victimes des crises politiques passées.
Cette sortie médiatique intervient alors que les autorités ont décidé d’instaurer des sanctions immédiates contre les organisateurs et les camps de lutte soupçonnés d’être impliqués dans des agressions groupées. En réaction, et reprenant des propos tenus chez nos confrères de « Kawtef », Rifou qualifie ces mesures de « farce ». Il estime qu’il est injuste de faire porter la responsabilité de l’insécurité aux acteurs de l’arène, arguant que l’État tente de se dédouaner de ses obligations régaliennes en matière de protection des citoyens.
L’artiste a tenu à mettre en perspective cette fermeté affichée avec le lourd bilan de 87 morts enregistrés lors des manifestations politiques, déplorant l’absence de sanctions équivalentes dans ce dossier. Cette posture défensive fait écho à d’autres voix du milieu, notamment celle du lutteur Siteu qui avait également réagi à l’indexation de la lutte dans cette montée de violence. Pour Rifou, la priorité absolue devrait être de rendre justice aux victimes des violences politiques avant de s’acharner sur les sportifs.