Pénurie totale de carburant à Cuba : L’alerte du Kremlin sur les conséquences de la stratégie américaine

La crise énergétique qui frappe l’île caribéenne prend une tournure diplomatique majeure. Alors que La Havane peine à maintenir ses centrales électriques en fonctionnement, la Russie est montée au créneau ce lundi pour dénoncer une stratégie d’étouffement économique pilotée par Washington, tout en esquissant des pistes de soutien logistique.

La situation à Cuba dépasse désormais le simple cadre des difficultés économiques habituelles. L’île est confrontée à une paralysie quasi-totale de son activité, conséquence directe de l’arrêt des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela. Cette rupture d’approvisionnement fait suite aux récentes opérations américaines ayant visé l’exécutif vénézuélien et aux pressions exercées par l’administration Trump sur les circuits logistiques régionaux.

Face à cette urgence, le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitry Peskov, a qualifié la situation de « critique ». Selon nos informations, Moscou discute actuellement de « solutions possibles » pour fournir à La Havane « toute l’aide » nécessaire. Les autorités russes pointent du doigt ce qu’elles nomment des « mesures suffocantes » imposées par les États-Unis, accusés de provoquer délibérément une crise humanitaire.

Un pays à l’arrêt forcé

Sur le terrain, les conséquences de cette pénurie de carburant sont drastiques. Le gouvernement cubain a dû imposer des mesures d’urgence : la semaine de travail a été réduite à quatre jours pour les entreprises d’État, les universités ont fermé leurs portes et les horaires scolaires ont été allégés. Le secteur aérien est également touché de plein fouet, la compagnie Air Canada ayant annoncé lundi la suspension de ses vols vers l’île, faute de carburant d’aviation disponible sur place.

Cette asphyxie énergétique résulte d’une stratégie assumée par Washington. Le président américain Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio n’ont pas caché leur volonté d’accentuer la pression pour obtenir un changement de régime. Outre le Venezuela, les États-Unis menacent d’imposer des tarifs douaniers punitifs à tout pays tiers, notamment le Mexique, qui tenterait d’acheminer du pétrole vers Cuba.

Le dilemme mexicain et la solidarité russe

Cette menace place le Mexique dans une position délicate. La présidente Claudia Sheinbaum a qualifié ces sanctions d’« injustes », affirmant qu’on « ne peut pas étrangler un peuple comme ça ». Bien que Mexico souhaite rétablir les livraisons de pétrole, le pays craint les représailles commerciales de son principal partenaire économique. C’est dans ce vide logistique que la Russie entend s’insérer, le ministre des Affaires étrangères Sergey Lavrov réitérant la « solidarité » de Moscou envers les peuples cubain et vénézuélien.

De son côté, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a dénoncé une « agression cruelle » visant à briser la volonté politique du peuple cubain, tout en rappelant la disposition de La Havane au dialogue, mais hors de toute contrainte extérieure. Une position soutenue par Al Jazeera, qui rapporte les inquiétudes du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, quant à un possible « effondrement » humanitaire si les besoins énergétiques de l’île ne sont pas comblés rapidement.

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