La toute première édition des Reggae Awards Sénégal s’est tenue le samedi 18 avril 2026 au Musée des Civilisations Noires (MCN) à Dakar. Initié par Souleymane Ba, alias Sun Sooley, cet événement a récompensé les acteurs de la scène reggae nationale et internationale, tout en soulevant les défis de financement auxquels fait face ce genre musical.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, la cérémonie a rassemblé une cinquantaine d’artistes et de DJs, alternant performances live et moments solennels. Le promoteur du projet, ancien membre de Juntbe, a souligné la nécessité d’offrir au reggae « made in Sénégal » une reconnaissance légitime. Dix prix majeurs et 36 distinctions honorifiques ont été décernés lors de cette soirée.
Le palmarès a mis en lumière plusieurs figures de la musique. Le trophée de l’Artiste de l’Année est revenu à Dread Maxim, tandis que Lidiop a remporté le prix de la Meilleure Chanson avec son titre *Only One*. Le Timshel Band a été désigné Meilleur Groupe, et Ombre Zion a vu son projet *Free Up Your Mind* sacré Meilleur Album. D’autres récompenses ont honoré Empress Celyah (Meilleure Artiste Féminine), Natty Jean (Meilleure Performance Live pour son passage au festival Les Fanfarlues), Mariaa Siga (Meilleure Vidéo avec *Boukanack*), ainsi que DJ Lass (Meilleur DJ). Anaké s’est illustré en tant que Révélation Reggae, et le groupe Meta & The Cornerstones a été primé pour la diaspora.
L’objectif de cette manifestation, comme l’indique l’initiateur, est de redorer le blason du reggae et de déconstruire les stéréotypes négatifs souvent associés à ce mouvement culturel. Sun Sooley a déploré l’image persistante du rastaman liée à la drogue, une perception qui entretiendrait selon lui une certaine « léthargie » autour de cette musique porteuse de messages d’unité et d’engagement pour l’Afrique.
L’organisation de cet événement s’est toutefois heurtée à des obstacles logistiques et financiers. Toujours d’après Sud Quotidien, le manque de sponsors et de soutien institutionnel a constitué la principale difficulté de cette première édition, qualifiée de véritable « terre battue » par son organisateur. Malgré cela, Sun Sooley affiche sa volonté de pérenniser la cérémonie annuellement afin de consolider la place du reggae dans le paysage culturel sénégalais.
