Alors que les autorités maliennes affirment que la situation est « sous contrôle », la région de Bandiagara replonge dans le deuil après deux attaques menées presque au même moment contre deux villages du centre du Mali. Les assauts ont visé, le 6 mai, Kori Kori dans la commune de Dugombo, cercle de Bandiagara, et Gomossogou dans la commune de Lessagou, cercle de Diallassagou.
Le gouverneur de la région, le colonel-major Olivier Diassana, a dénoncé des attaques « barbares et lâches ». Il a estimé que leur simultanéité montrait une action préparée et coordonnée, destinée à saper le moral des populations qui commençaient, selon lui, à croire à la possibilité d’un retour de la paix. Le bilan officiel détaillé n’a pas encore été communiqué, même si le responsable régional a évoqué de lourdes pertes des deux côtés et plusieurs blessés.
Les blessés ont été évacués vers des centres de santé à Bankass, Sévaré et Bandiagara, un point rapporté par Apanews avec le rappel qu’aucun chiffre définitif sur les morts n’avait encore été publié par les autorités régionales. Une mission conjointe de l’administration et des forces de défense et de sécurité a aussi été envoyée dans les localités touchées pour soutenir les familles, évaluer les besoins immédiats et aider à l’organisation des funérailles.
Un appel à l’unité dans une zone déjà éprouvée
Olivier Diassana a indiqué qu’une aide financière avait été allouée aux familles endeuillées. Il a aussi annoncé que l’équipe régionale d’appui à la réconciliation restait en contact avec les proches des victimes afin d’écouter les familles, d’apaiser les tensions et d’éviter toute réaction susceptible d’aggraver la situation. Dans son adresse, il a appelé les habitants à ne pas céder à la peur et à rester mobilisés aux côtés des Forces armées maliennes.
Le gouverneur a assuré que des opérations sécuritaires se poursuivaient dans la région et que les zones touchées faisaient l’objet d’une attention particulière. La région de Bandiagara figure parmi les plus exposées aux violences dans le centre du Mali, où des groupes armés attaquent depuis plusieurs années des villages, des positions sécuritaires et des routes. Pour les habitants, l’urgence reste de faire face au deuil, de soigner les blessés et de préserver la cohésion locale.