Les bruits d’explosions ont de nouveau résonné tôt ce jeudi matin dans plusieurs secteurs de la bande de Gaza. Alors que la situation diplomatique prévoyait une cessation des hostilités, la réalité observée par les témoins sur place décrit une tout autre dynamique militaire, marquée par des frappes aériennes et des tirs d’artillerie ciblant des zones pourtant censées être sous le coup d’un apaisement.
Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, l’armée israélienne a mené, aux premières heures de la journée, une série d’opérations visant l’est de la ville de Gaza, ainsi que des zones situées au nord et au centre de l’enclave, notamment le camp de réfugiés de Bureij. Le sud du territoire n’a pas été épargné, des avions de chasse ayant ciblé l’est de Khan Younès, appuyés par des tirs d’artillerie et des rafales provenant de véhicules militaires.
Les témoignages recueillis font état de bombardements spécifiques sur les quartiers de Zeitoun et Choujaïya, à l’est de la ville de Gaza. Si aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat pour cette matinée de jeudi, ces manœuvres interviennent dans un contexte où l’armée israélienne maintient une emprise territoriale significative, occupant plus de 50 % de la bande de Gaza, incluant de vastes parties du nord et des zones tampons à l’est et au sud.
Ces nouveaux incidents soulignent la fragilité de l’accord en place. Depuis l’entrée en vigueur théorique du cessez-le-feu le 10 octobre 2025, les attaques n’ont pas cessé de faire des victimes. Les données disponibles indiquent que 483 Palestiniens ont perdu la vie et 1 287 autres ont été blessés durant cette période supposée de trêve. Ce bilan vient s’ajouter aux pertes massives enregistrées depuis le début de la campagne militaire en octobre 2023, qui a causé la mort de plus de 71 000 personnes.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, la situation humanitaire reste critique pour les 2,4 millions d’habitants de l’enclave. Israël continue d’imposer des restrictions sévères sur l’entrée des denrées alimentaires, des produits de première nécessité et des fournitures médicales, alors que 90 % des infrastructures civiles ont été détruites au cours des deux dernières années de conflit.