Alors que l’offensive sur la bande de Gaza se poursuit, la composition des troupes déployées sur le terrain fait l’objet d’une attention croissante de la part des observateurs internationaux. Au-delà des effectifs réguliers, la question des binationaux intégrés aux unités combattantes soulève des interrogations juridiques et diplomatiques majeures. De nouvelles données, obtenues par un média britannique via une procédure officielle, permettent désormais de quantifier précisément l’implication de ressortissants étrangers, notamment français, dans les opérations en cours.
**Des effectifs qui se comptent en milliers**
Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, qui cite une enquête du média d’investigation *Declassified UK*, les autorités israéliennes ont communiqué des statistiques arrêtées en mars 2025. Ces documents révèlent qu’au total, près de 50 000 soldats disposant d’une double nationalité serviraient au sein de l’armée israélienne. Si les États-Unis fournissent le contingent le plus important avec 13 342 ressortissants recensés, la France apparaît également en bonne place dans ce décompte officiel.
Les registres indiquent que 6 464 détenteurs du passeport français ont intégré les rangs de l’armée israélienne. Ce chiffre place l’Hexagone parmi les principaux pourvoyeurs de troupes binationaux, aux côtés de la Russie, de l’Ukraine et de l’Allemagne. Ces données concernent spécifiquement les citoyens possédant la nationalité israélienne couplée à une autre citoyenneté, engagés dans un contexte marqué par les opérations militaires déclenchées après les attaques du 7 octobre 2023.
**Vers une judiciarisation du dossier à Paris**
Cette présence massive sur le terrain a des récussions directes sur le plan légal. Paul Heron, avocat au sein du *Public Interest Law Centre* au Royaume-Uni, rappelle que la participation de binationaux à des unités soupçonnées d’exactions oblige les États d’origine à agir. « Lorsque des binationaux ont servi dans des unités impliquées dans des atrocités, les autorités doivent ouvrir rapidement une enquête », souligne-t-il, invoquant les obligations en matière de droit international.
En France, la situation a déjà dépassé le stade de la simple observation. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), appuyée par plusieurs organisations, a déposé plainte en juillet 2025. Cette action en justice vise spécifiquement deux snipers franco-israéliens appartenant à une unité surnommée « Ghost Unit ». Ils sont accusés d’avoir procédé à des exécutions sommaires de civils à Gaza. Une précédente demande d’ouverture d’information judiciaire avait déjà été formulée en décembre 2024, suite à la diffusion d’images montrant des mauvais traitements infligés à des détenus palestiniens.
Pour l’heure, aucune donnée officielle n’a été communiquée par le gouvernement français concernant ces engagements, et aucune annonce d’investigation publique n’a été faite par Paris, malgré la pression exercée par les organisations de défense des droits humains.