La coopération énergétique entre Paris et Tokyo franchit une nouvelle étape logistique et industrielle. Un accord bilatéral vient d’être formalisé pour la prise en charge et le recyclage d’un volume important de matières issues des infrastructures asiatiques.
Le groupe français Orano a officialisé ce jeudi la signature d’un contrat avec l’organisme japonais NuRO (Nuclear Reprocessing and Decommissioning Facilitation Organization of Japan). Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, ce partenariat porte sur le traitement d’environ 200 tonnes de combustibles nucléaires usés en France. Ces matières proviennent directement des réacteurs exploités par la compagnie d’électricité nippone Kansai Electric Power Company. L’ensemble des opérations se déroulera à l’usine de La Hague, un site spécialisé situé dans le département de la Manche.
Le processus technique prévu par cet accord inclut le retraitement des matières et leur recyclage sous forme de nouveaux combustibles. Les déchets ultimes issus de cette transformation seront conditionnés avant d’être réexpédiés vers le Japon. Les éléments récupérés auront pour vocation d’alimenter les réacteurs nucléaires civils japonais, contribuant ainsi à une production électrique à faibles émissions de carbone.
Cette entente commerciale s’appuie sur un cadre diplomatique précis, matérialisé par un échange de notes signé le 25 mars dernier entre les gouvernements français et japonais. Nicolas Maes, directeur général d’Orano, a précisé que ce contrat s’inscrit dans la continuité d’une relation établie depuis plus d’un demi-siècle avec les acteurs électriques nippons. Le document prévoit par ailleurs la poursuite des études concernant le traitement des combustibles MOX, un mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium visant à optimiser l’usage des matières fissiles.
Le transfert physique de ces 200 tonnes de combustibles entre le Japon et la France s’effectuera au moyen de conteneurs spécialisés de nouvelle génération. Ces équipements ont été spécifiquement conçus pour répondre aux exigences de sécurité liées au transport international de matières radioactives.