« Nous leur avons envoyé beaucoup d’armes » : la déclaration de Donald Trump sur l’Iran rejetée par ses alliés présumés

Alors que la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran entre dans son 38e jour, une nouvelle déclaration du président américain vient s’immiscer dans le dossier des récentes émeutes iraniennes. Lors d’une intervention télévisée, Donald Trump a revendiqué un soutien militaire direct à certaines franges de l’opposition lors des manifestations de décembre et janvier, une affirmation qui a suscité une réaction immédiate sur le terrain.

Lors d’un entretien téléphonique accordé dimanche à la chaîne Fox News, le président américain a affirmé que Washington avait armé les groupes d’opposition iraniens lors des rassemblements antigouvernementaux qui ont secoué le pays. « Nous leur avons envoyé beaucoup d’armes. Nous les avons envoyées aux Kurdes », a déclaré Donald Trump au journaliste Trey Yingst, précisant que ce soutien visait les manifestants.

Ces mobilisations, initiées le 28 décembre par des commerçants de Téhéran face à la dépréciation du rial et à la crise économique, s’étaient rapidement transformées en contestation nationale. La répression par les forces gouvernementales a été massive, accompagnée d’une coupure d’Internet. Selon les données rapportées par Al Jazeera, le bilan global des victimes en Iran s’élève à au moins 2 076 morts depuis le début du conflit, tandis que le rapporteur spécial des Nations Unies, Mai Soto, estime que la répression des manifestations a pu faire entre 5 000 et 20 000 victimes.

Cependant, les affirmations du locataire de la Maison-Blanche ont été catégoriquement rejetées par les groupes désignés. Plusieurs factions kurdes iraniennes, qui opèrent historiquement le long de la frontière avec l’Irak, ont nié avoir reçu un quelconque arsenal américain. Mohammed Nazif Qaderi, un haut responsable du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI), a qualifié ces propos de sans fondement. « Les armes que nous possédons datent d’il y a 47 ans […]. Notre politique n’est pas de rendre les manifestations violentes, mais de formuler nos revendications de manière pacifique et civile », a-t-il précisé à la chaîne irakienne Rudaw. Le parti Komala, une autre formation de l’opposition, a également émis un démenti formel.

Ces déclarations américaines interviennent dans un climat politique complexe, où le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, accusait déjà publiquement les États-Unis et Israël d’avoir orchestré et financé ces soulèvements meurtriers. Neil Quilliam, analyste au centre de réflexion britannique Chatham House cité par Al Jazeera, souligne la difficulté d’accorder un crédit absolu aux propos de Donald Trump, dont les positions varient fréquemment. L’expert prévient toutefois que ces sorties médiatiques, même infondées, sont de nature à fragiliser la cohésion des groupes d’opposition iraniens dans leur rapport de force avec le gouvernement central.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Un commentaire

Laisser un commentaire