Ni garantie ni taux d’intérêt : la logique économique précise derrière l’injection de 2,1 milliards du Fonsis

Vendredi dernier, en marge de la première édition des « Rendez-vous sur le capital-investissement », le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) a officialisé un appui financier significatif destiné au tissu entrepreneurial local. Si l’enveloppe globale allouée à huit entreprises attire l’attention, c’est surtout la nature technique de cet accompagnement qui marque une rupture nette avec les exigences bancaires habituelles.

L’opération porte sur un montant total de 2,1 milliards de francs CFA. Selon les informations rapportées par le journal Le Quotidien, ces fonds ont été orientés vers huit Petites et moyennes entreprises (PME) et Petites et moyennes industries (PMI) opérant dans des secteurs stratégiques tels que la santé, le bâtiment et travaux publics (BTP), l’agroalimentaire et le textile.

La particularité de ce financement réside dans son mécanisme. Contrairement aux prêts bancaires classiques, le Fonsis a opté pour le capital-investissement, une méthode décrite comme un « financement à risque ». Babacar Gning, Directeur général du Fonsis, précise que ces entreprises bénéficient de ces fonds sans avoir à fournir de garantie, sans taux d’intérêt et sans tableau d’amortissement. L’objectif est de financer l’investissement et la croissance plutôt que le simple fonctionnement.

Les bénéficiaires de cette enveloppe présentent des profils variés, incluant des sociétés innovantes et des entreprises relancées par des membres de la diaspora après des périodes de faillite. L’ambition affichée par la direction du fonds souverain est de transformer ces structures en « championnes » de l’économie nationale d’ici cinq ans.

Cette initiative s’inscrit dans un écosystème plus large de financement par capital (private equity), présenté comme une « troisième voie » entre l’auto-épargne et la dette bancaire. Le dispositif s’appuie sur plusieurs instruments spécifiques : le We! Fund (11 milliards FCFA) pour l’autonomisation des femmes, le Fonds islamique de relance (20 milliards FCFA) pour les entreprises à fort potentiel, ainsi que Teranga Capital et Oyass Capital. Au total, ce sont près de 86 milliards de francs CFA qui sont mobilisés à travers ces différents leviers pour connecter le capital aux entreprises locales.

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