À l’occasion de la Conférence de Munich sur la sécurité, l’exécutif allemand a posé un diagnostic lucide sur l’état des alliances traditionnelles. Le chancelier Friedrich Merz a plaidé pour une révision de la doctrine diplomatique européenne, estimant que le bloc occidental ne peut plus prétendre régler seul les crises contemporaines.
Le socle historique de la diplomatie allemande vacille face aux réalités du monde multipolaire. S’exprimant vendredi depuis la Bavière, le chancelier Friedrich Merz a affirmé que l’approfondissement de l’intégration européenne et le renforcement des liens avec les États-Unis, bien que vitaux, ne constituaient plus une réponse adéquate aux défis économiques et sécuritaires actuels.
Pour le dirigeant conservateur, dont les propos sont rapportés par l’agence Anadolu, l’Union européenne doit impérativement sortir de son entre-soi. « Nous devons établir un réseau solide de partenariats mondiaux », a-t-il déclaré, marquant une rupture avec la vision d’un Occident autosuffisant. Selon lui, les alliances historiques « ne suffisent plus » à garantir la stabilité et la prospérité du vieux continent.
Une liste de partenaires stratégiques clairement définie
Cette nouvelle orientation se traduit par l’identification précise des nations avec lesquelles Berlin et Bruxelles doivent intensifier leur coopération. Friedrich Merz a cité nommément la Turquie, l’Inde et le Brésil comme des acteurs amenés à jouer un « rôle clé » dans cette reconfiguration. Le chancelier a également inclus dans cette équation le Canada, le Japon, l’Afrique du Sud ainsi que les États du Golfe.
L’objectif affiché par Berlin est double : réduire les dépendances risquées et saisir de nouvelles opportunités économiques. Friedrich Merz insiste sur la nécessité de bâtir ces relations sur un « respect mutuel » et une vision à long terme, plutôt que sur des intérêts ponctuels. « Nous partageons un intérêt fondamental pour un ordre politique fondé sur la confiance dans les accords et sur notre capacité à relever ensemble les problèmes mondiaux », a-t-il conclu, dessinant les contours d’une diplomatie allemande plus pragmatique et diversifiée.