Un nouveau drame frappe le Soudan, pays déjà éprouvé par un conflit interne dévastateur. Dans l’État du Nil, au nord du pays, une traversée fluviale ordinaire a viré à la tragédie mercredi soir, mobilisant en urgence les équipes de la défense civile. Si le Conseil de souveraineté a rapidement confirmé un lourd bilan humain, les circonstances de l’accident soulèvent des critiques pointues de la part du corps médical local concernant la gestion des secours.
Le bilan provisoire fait état d’au moins 21 morts, dont des femmes et des enfants, suite au naufrage d’un ferry en bois transportant entre 30 et 35 passagers. L’embarcation assurait la liaison entre les villages de Tayba al-Khawad et Deim al-Qarai lorsqu’elle a sombré. Selon les précisions fournies à Al Jazeera par le major-général Qurashi Hussein, directeur adjoint de la défense civile, six à sept personnes ont pu être secourues, mais une douzaine de passagers manquent toujours à l’appel.
Face à l’urgence, des renforts ont été dépêchés depuis Khartoum pour appuyer les unités locales. Le major-général Hussein a indiqué que l’ensemble des équipes de la défense civile de l’État du Nil sont actuellement mobilisées pour repêcher les corps des victimes et tenter de retrouver d’éventuels survivants.
Cependant, au-delà de l’accident lui-même, c’est la réactivité des services de l’État qui est mise en cause. Le Réseau des médecins soudanais a souligné, via une communication officielle, la « fragilité du transport fluvial » et l’absence notoire de normes de sécurité élémentaires. Plus spécifiquement, l’organisation pointe du doigt la lenteur de la réponse des autorités locales et des équipes de défense civile durant les premières heures critiques, affirmant que ce retard a « exacerbé l’ampleur de la catastrophe ».
Le syndicat exige désormais des mesures immédiates pour sécuriser le transport sur le fleuve et éviter la répétition de tels drames. Ce n’est pas la première fois que le Nil est le théâtre d’accidents meurtriers dans cette région : en 2018, 23 personnes, en majorité des écoliers, avaient péri dans des circonstances similaires.