Massacre de Tadamon en Syrie et la zone de capture du suspect Amjad Youssef

Les autorités syriennes ont procédé à l’arrestation d’Amjad Youssef, le principal suspect du massacre de Tadamon perpétré à Damas en 2013. Cette opération met fin à une traque de plusieurs jours dans une zone rurale du pays.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’interpellation a fait suite à une opération de sécurité coordonnée par le ministère de l’Intérieur syrien. Des dispositifs de surveillance et de suivi ont été déployés pendant plusieurs jours à travers la plaine d’Al-Ghab, située dans la province de Hama. Des images diffusées sur les plateformes numériques ont documenté l’arrestation, montrant le suspect menotté au sol, puis à l’intérieur d’un véhicule des forces de l’ordre, le visage présentant des traces de sang.

Amjad Youssef occupait la fonction d’officier des renseignements sous l’administration de l’ancien dirigeant Bachar al-Assad. Durant le soulèvement syrien, il supervisait les opérations de sécurité dans le secteur sud de Damas. Formé au sein des renseignements militaires avant de devenir enquêteur, il est accusé de multiples exactions contre des civils. La plus documentée reste le massacre du 16 avril 2013 à Tadamon, un quartier qui constituait alors une ligne de front entre l’armée et les forces de l’opposition. Au moins 41 personnes y ont été tuées.

En 2022, une vidéo divulguée par une recrue militaire ayant fui le pays a exposé les détails de cet événement. L’enregistrement montre Youssef, à visage découvert, exécutant par balle des civils détenus, les yeux bandés et les poignets liés. La publication de ces images avait déclenché de vives réactions, permettant à plusieurs familles d’identifier formellement leurs proches parmi les victimes.

Après la chute du gouvernement de Bachar al-Assad en décembre 2024, le suspect avait pris la fuite. Le nouveau gouvernement de transition a par la suite initié une vaste campagne sécuritaire ciblant les figures de l’ancien pouvoir. Notre rédaction note que des citoyens ont lancé une campagne de financement public pour offrir une récompense visant à localiser les individus accusés d’atrocités, Amjad Youssef étant la cible prioritaire. Depuis, plusieurs suspects liés à la tragédie de Tadamon ont été arrêtés et ont reconnu leur implication.

Les investigations sur ce dossier se sont également étendues à l’international. En août 2023, à la suite de trois années d’enquête en coopération avec le Centre syrien pour la justice et la responsabilité, la police allemande a appréhendé Ahmed al-Harmouni, un proche d’Amjad Youssef également mis en cause dans ce massacre. En décembre 2024, l’organisation Human Rights Watch a visité le sud de Damas où des restes humains présentant des marques d’exécution ont été découverts. L’ONG a formellement demandé aux autorités de transition de préserver les preuves de crimes de guerre.

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