Présent au Forum économique mondial de Davos, le président américain Donald Trump a réitéré, lors de son allocution, sa volonté de placer le Groenland sous contrôle américain. Si le locataire de la Maison Blanche a tenu à rassurer sur l’absence de recours à la force militaire, il a néanmoins maintenu une pression diplomatique et économique constante sur le Danemark pour parvenir à ses fins.
L’intérêt de Washington pour ce territoire autonome danois n’est pas nouveau, mais la méthode exposée en Suisse précise les intentions américaines. Donald Trump a affirmé que l’île, qu’il qualifie d’« énorme et non sécurisée », est essentielle pour la sécurité nationale stratégique des États-Unis. « Elle fait en réalité partie de l’Amérique du Nord. C’est notre territoire », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de négociations immédiates pour son acquisition.
Contrairement aux spéculations sur une éventuelle intervention armée évoquée par certains officiels de la Maison Blanche plus tôt ce mois-ci, le président a clarifié sa position devant l’auditoire de Davos. « Les gens pensaient que j’utiliserais la force, mais je n’ai pas à le faire. Je ne veux pas utiliser la force », a-t-il assuré. Il a toutefois évoqué l’existence d’un « cadre pour un futur accord » qui aurait été établi après une rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Une affirmation nuancée par Mark Rutte lui-même, qui a indiqué par la suite que la souveraineté du Groenland n’avait pas été abordée lors de leur entretien.
Cette revendication territoriale s’accompagne d’une vision transactionnelle des alliances. Donald Trump a de nouveau critiqué l’OTAN, la qualifiant de gouffre financier pour les États-Unis sans retour sur investissement, omettant au passage le soutien de l’Alliance au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Il a également lancé un avertissement au Danemark : « Vous pouvez dire oui, et nous serons très reconnaissants. Ou vous pouvez dire no, et nous nous en souviendrons. »
Au-delà des questions territoriales, le discours a abordé la situation économique mondiale, Trump se présentant comme le moteur de la croissance globale. Il a dressé un tableau sombre de l’Europe, attribuant ses difficultés aux politiques d’énergie verte et à la migration, sans fournir de données factuelles à l’appui. Il a particulièrement ciblé les énergies renouvelables, qualifiant les éoliennes de « perdantes » et prônant un retour massif au nucléaire, secteur dans lequel ses intérêts privés sont par ailleurs engagés via une fusion récente de son groupe médiatique avec une entreprise d’énergie de fusion.
Sur le dossier vénézuélien, le président américain a opéré un changement de ton notable. Évoquant une coopération avec le gouvernement intérimaire, il a prédit un redressement économique rapide du pays sud-américain grâce à l’implication des compagnies pétrolières internationales. Il a confirmé que les États-Unis avaient extrait 50 millions de barils de pétrole du Venezuela suite à la mise à l’écart de Nicolas Maduro, affirmant que les revenus seraient partagés.
La géopolitique européenne a également occupé une part importante de son intervention. Concernant la guerre en Ukraine, Donald Trump a réaffirmé sa capacité à négocier avec Vladimir Poutine et Volodymyr Zelenskyy pour mettre fin au conflit. Il a cependant commis une erreur factuelle en suggérant que le président ukrainien pourrait être présent dans la salle à Davos, alors que ce dernier se trouvait à Kiev pour gérer les conséquences de frappes russes sur le réseau énergétique.
L’allocution s’est ponctuée de remarques plus personnelles, notamment à l’encontre du Premier ministre canadien, accusé de profiter des États-Unis, et du président français Emmanuel Macron, dont il a moqué les lunettes de soleil portées en intérieur, ignorant que celles-ci étaient nécessaires pour des raisons médicales suite à la rupture d’un vaisseau sanguin.