Madagascar et Mozambique : Le cyclone Gezani fait 45 morts et détruit 80% des infrastructures de cette ville stratégique

Le passage du cyclone Gezani a laissé une traînée de destruction à travers l’Afrique australe, frappant successivement deux nations côtières avec une violence rare. Alors que les vents atteignaient des sommets angoissants, les autorités locales dressent un premier bilan humain et matériel qui force les gouvernements à des mesures d’urgence, notamment dans une grande ville portuaire quasi rayée de la carte.

La furie des éléments n’a épargné ni les infrastructures critiques ni les populations civiles. Après avoir balayé Madagascar, le système météorologique a touché terre au Mozambique, aggravant une situation humanitaire déjà précaire dans la région.

Une province mozambicaine coupée du monde

Le cyclone a frappé de plein fouet la province méridionale d’Inhambane au Mozambique. Selon les données météorologiques relayées par notre source Al Jazeera, les rafales ont atteint la vitesse dévastatrice de 215 km/h. Ce déchaînement a eu des conséquences immédiates sur les réseaux vitaux : la compagnie nationale d’électricité rapporte que plus de 13 000 personnes se retrouvent plongées dans le noir, tandis que l’approvisionnement en eau a été interrompu dans plusieurs districts de la ville d’Inhambane, qui abrite environ 100 000 habitants.

Le bilan provisoire fait état d’au moins quatre morts dans ce pays d’Afrique australe. Cette nouvelle catastrophe survient à un moment particulièrement difficile pour le Mozambique, qui tente à peine de se relever de graves inondations récentes. Ces crues avaient déjà affecté plus de 700 000 personnes et endommagé 170 000 habitations, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies.

Désolation à Madagascar : une ville majeure à terre

Avant d’atteindre le continent, le cyclone avait traversé Madagascar avec une intensité destructrice, laissant derrière lui un bilan bien plus lourd : 41 morts, 427 blessés et plus de 16 300 déplacés. Face à l’ampleur des dégâts, estimés à 142 millions de dollars, le gouvernement malgache a déclaré l’état d’urgence nationale.

C’est à Toamasina, deuxième ville du pays peuplée de 400 000 âmes, que la situation est la plus critique. L’œil du cyclone a traversé la cité mardi, provoquant des destructions massives. Le dirigeant de l’île, le colonel Michael Randrianirina, a indiqué qu’environ 75 % de la ville avait été détruite.

Tania Goosens, directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) à Madagascar, décrit une scène de chaos absolu. « L’ampleur de la destruction est accablante », a-t-elle confié, précisant que les autorités locales évaluent désormais les dommages à 80 % de la ville. « La ville fonctionne avec environ 5 % d’électricité et il n’y a pas d’eau », a-t-elle ajouté, soulignant que même les bureaux et un entrepôt du PAM ont été « complètement détruits ».

Les scientifiques soulignent que la fréquence accrue de ces catastrophes météorologiques au Mozambique et dans la région est exacerbée par le changement climatique, fragilisant davantage des infrastructures déjà mises à rude épreuve.

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