Réuni lundi avec les parlementaires du Parti travailliste à Londres, le chef du gouvernement britannique a fait face à une pression politique accrue. Alors que les révélations concernant ses liens passés avec Peter Mandelson et l’ombre du dossier Epstein fragilisent sa position, Keir Starmer a tenu à clarifier ses intentions quant à la poursuite de son mandat, opposant à ses détracteurs une lecture combative de la situation.
Le Premier ministre a profité de cette tribune pour rejeter catégoriquement l’hypothèse d’un départ anticipé. Selon les propos rapportés par l’agence Anadolu, Keir Starmer a déclaré qu’il n’était « pas prêt à renoncer » à sa charge, arguant de sa responsabilité envers le pays pour éviter de plonger le Royaume-Uni dans le chaos. Pour appuyer sa légitimité, il a mis en avant une constante de son parcours politique et professionnel : sa capacité à triompher de l’adversité.
« J’ai remporté tous les combats que j’ai menés », a-t-il affirmé devant les élus de son camp. Évoquant son expérience à la tête du Crown Prosecution Service et son travail de réforme au sein du Labour, il a rappelé que le scepticisme avait souvent accompagné ses initiatives avant qu’elles ne se soldent par des succès, citant notamment la victoire électorale obtenue avec une « majorité écrasante ». Pour le dirigeant britannique, les critiques actuelles émanent de détracteurs qui, selon lui, s’opposent par principe à la réussite d’un gouvernement travailliste.
Cette mise au point intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le 10 Downing Street. La semaine dernière, Keir Starmer avait dû présenter des excuses publiques, admettant avoir cru aux « mensonges » de Peter Mandelson. Ce dernier, figure historique du parti et brièvement nommé ambassadeur aux États-Unis par l’actuel Premier ministre, se trouve au cœur d’une controverse liée au défunt délinquant sexuel Jeffrey Epstein. Des documents récemment rendus publics suggèrent que Mandelson aurait partagé des informations confidentielles avec Epstein en 2009, alors qu’il était ministre du Commerce.
Bien que Peter Mandelson ait été limogé en septembre et qu’il ait quitté la Chambre des lords ainsi que le Parti travailliste, la pression sur Keir Starmer ne retombe pas. L’affaire est alimentée par la publication, le mois dernier, de plus de trois millions de pages de documents par le département américain de la Justice, en vertu de la loi sur la transparence des dossiers Epstein. Une divulgation jugée encore incomplète par les victimes, mais suffisante pour maintenir le sujet au centre de l’actualité politique londonienne.