L’État français débourse 404 millions d’euros pour nationaliser le cerveau technologique de sa dissuasion nucléaire

Le gouvernement français a conclu mardi une importante opération financière visant à sécuriser ses infrastructures technologiques les plus sensibles. Cette transaction, qui s’élève à plusieurs centaines de millions d’euros, cible les activités stratégiques d’un grand groupe informatique, tout en excluant certains secteurs initialement prévus dans les négociations.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’État français a finalisé le rachat des activités stratégiques du groupe informatique Atos pour un montant pouvant atteindre 404 millions d’euros. À travers cette opération, Paris devient l’unique actionnaire de l’entité historique « Bull ». Cette branche concentre le calcul de haute performance (HPC), le calcul quantique, ainsi que la fabrication des supercalculateurs indispensables à la dissuasion nucléaire française.

Le périmètre de la transaction a connu des ajustements par rapport à l’offre ferme formulée en juin 2025. Le secteur de l’intelligence artificielle visuelle (Vision AI) n’a pas été intégré à la vente et demeure sous le contrôle d’Atos via sa filiale Eviden. L’entité spécialisée dans le Big Data, « zData », a également été retirée de l’accord. Ces modifications ont fixé le prix final à 404 millions d’euros, contre 410 millions initialement prévus, un montant qui inclut 104 millions d’euros de paiements conditionnels. La branche nouvellement acquise par l’État a généré un chiffre d’affaires d’environ 700 millions d’euros lors de l’exercice fiscal 2025.

Notre rédaction note que les autorités françaises justifient cette acquisition par des impératifs stricts de sécurité nationale et de confidentialité des données. Le groupe Atos est un partenaire central pour la sécurisation des communications de l’armée et des services de renseignement français. Ses serveurs de très haute capacité sont également essentiels au traitement de volumes massifs de données pour la recherche scientifique et l’intelligence artificielle. Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a qualifié cette nationalisation d’étape décisive pour la souveraineté technologique du pays. Une position qui s’inscrit dans la continuité des déclarations de l’ancien ministre Bruno Le Maire, qui soulignait en avril 2024 la nécessité d’éviter que ces technologies de défense ne dépendent d’intérêts étrangers.

Ce rachat de l’entité Bull intervient dans une période de relance de la doctrine nucléaire française. Début mars, le président Emmanuel Macron avait annoncé une augmentation du nombre de têtes nucléaires pour faire face à la complexification des crises internationales. Les supercalculateurs d’Atos sont directement impliqués dans la simulation des essais et la fiabilité de cet armement. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a récemment précisé que ce renforcement capacitaire s’appuiera sur une enveloppe budgétaire supplémentaire de 36 milliards d’euros allouée à la loi de programmation militaire (LPM).

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire