Un tribunal du Kosovo a reconnu coupables trois Serbes pour des accusations de terrorisme liées à leur rôle dans une tentative de sécession meurtrière survenue en 2023 près de la frontière nord du pays.
Le tribunal de première instance de Pristina a rendu son verdict vendredi concernant l’attaque du village de Banjska, un affrontement qui s’était soldé par la mort d’un policier et de trois assaillants. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Blagoje Spasojevic et Vladimir Tolic ont été condamnés à la prison à vie, tandis que Dusan Maksimovic a écopé d’une peine de 30 ans d’emprisonnement.
Le juge Ngadhnjim Arrni a précisé que les accusés avaient mis en place un plan structuré utilisant des armes lourdes pour détacher la partie nord du Kosovo, majoritairement peuplée de Serbes, afin de la rattacher à la Serbie. Lors du procès, Blagoje Spasojevic a rejeté l’étiquette de terroriste, admettant avoir fait la plus grande erreur de sa vie tout en niant avoir tué quiconque.
Milan Radoicic, un homme politique et homme d’affaires serbe du Kosovo vivant en Serbie, a publiquement reconnu avoir dirigé et organisé cette opération après avoir été identifié sur des images de drones par les responsables de la sécurité kosovars. Il fait partie des 45 personnes initialement inculpées pour cet incident armé, considéré comme le plus grave depuis que le pays balkanique a déclaré son indépendance en 2008. Le procès de vendredi ne concernait que les trois individus placés en détention.
Cet événement s’inscrit dans un contexte régional tendu. Le Kosovo accuse la Serbie d’être derrière l’attaque, des allégations démenties par Belgrade qui affirme que les hommes ont agi de leur propre chef. Dans le nord du Kosovo, environ 50 000 Serbes ne reconnaissent toujours pas les institutions de Pristina et considèrent Belgrade comme leur capitale, ce qui entraîne régulièrement des frictions avec la police locale et les forces internationales de maintien de la paix.