L’Équateur rappelle son ambassadeur en Colombie après une passe d’armes sur le sort d’un ancien haut dirigeant écroué

Les tensions diplomatiques s’intensifient en Amérique latine. Le gouvernement équatorien a décidé de rappeler son représentant en Colombie, en réponse à des commentaires émanant de la présidence colombienne concernant la détention d’une figure politique de premier plan.

Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, la ministre équatorienne des Affaires étrangères, Gabriela Sommerfeld, a confirmé mercredi le rappel de l’ambassadeur Arturo Felix Wong, en poste à Bogota. Cette décision fait suite à une série de déclarations du président colombien Gustavo Petro, qui a publiquement critiqué les conditions d’incarcération de l’ancien vice-président équatorien Jorge Glas.

Gustavo Petro a multiplié les interventions sur les réseaux sociaux, qualifiant Jorge Glas de « prisonnier politique ». Le dirigeant colombien, qui a accordé la nationalité de son pays à l’ancien vice-président en septembre dernier, a réclamé son transfert. Il a notamment alerté sur l’état de santé du détenu, incarcéré dans la prison de sécurité maximale d’El Encuentro. D’après lui, Jorge Glas ne reçoit pas une alimentation adéquate, souffre de malnutrition sévère et d’une perte de masse musculaire. Il a ajouté que laisser une personne mourir de faim s’apparenterait à un « crime contre l’humanité ».

Ces propos ont provoqué la réaction immédiate de Quito. Le président de l’Équateur, Daniel Noboa, a dénoncé une ingérence étrangère. Dans un message publié mardi, il a souligné que ces déclarations constituaient une atteinte à la souveraineté de son pays et une violation du principe de non-intervention. La cheffe de la diplomatie équatorienne a, de son côté, qualifié les messages de Bogota de provocation.

L’affaire Jorge Glas est au centre des tensions régionales depuis deux ans. L’ancien dirigeant purge actuellement une peine de 13 ans de prison pour détournement de fonds publics, s’ajoutant à de précédentes condamnations liées au scandale de corruption Odebrecht. Son arrestation, survenue le 5 avril 2024 lors d’un raid des forces de l’ordre équatoriennes au sein de l’ambassade du Mexique à Quito, avait entraîné la rupture des relations diplomatiques entre l’Équateur et le Mexique.

Ce rappel d’ambassadeur s’inscrit dans un climat de détérioration continue entre Quito et Bogota. Depuis le mois de mars, le gouvernement de Daniel Noboa a imposé des droits de douane de 50 % à la Colombie, l’accusant de laxisme dans la lutte contre le narcotrafic. En retour, Gustavo Petro a accusé l’Équateur de mener une campagne de bombardements près de la frontière, ayant entraîné la découverte de 27 corps calcinés.

Notre rédaction précise que le président équatorien mène actuellement une vaste offensive militaire contre le trafic de drogue. Cette politique bénéficie du soutien de Donald Trump, dont les positions concernant la lutte antidrogue et la critique des gouvernements régionaux de gauche trouvent un écho direct dans la stratégie de l’Équateur.

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