Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes ce dimanche en Hongrie pour des élections législatives déterminantes. Le Premier ministre sortant, Viktor Orban, au pouvoir depuis seize ans, y affronte le défi électoral le plus sérieux de sa carrière politique pour le renouvellement des 199 sièges du Parlement.
Selon les données relayées par Al Jazeera, le parti au pouvoir, le Fidesz, accuse un retard notable dans les enquêtes d’opinion des deux dernières semaines. Il est actuellement devancé de 7 à 9 points de pourcentage par la formation d’opposition de centre-droit Tisza, dirigée par Peter Magyar, qui réunit entre 38 et 41 % des intentions de vote.
Face à cette dynamique électorale défavorable, le dirigeant nationaliste a structuré son discours autour d’un enjeu binaire, présentant ce scrutin comme un choix direct entre « la guerre et la paix ». Le gouvernement a massivement déployé des campagnes d’affichage affirmant que Peter Magyar entraînerait la Hongrie dans le conflit en cours entre la Russie et l’Ukraine. Une allégation que le leader de l’opposition dément fermement.
Lors d’une prise de parole devant ses partisans à Szekesfehervar, sa ville natale, Viktor Orban a affiché sa confiance. « Si nous nous connaissons bien, si nous connaissons bien notre pays et si nous connaissons bien notre propre peuple, alors je dois dire que les Hongrois voteront pour la sécurité dimanche », a-t-il déclaré.
Cependant, une partie de la population exprime une lassitude croissante face au gouvernement sortant. Ce sentiment s’appuie sur trois années de stagnation économique, une forte hausse du coût de la vie, ainsi que sur des rapports documentant l’accumulation de richesses par des oligarques proches du pouvoir.
Cette polarisation se reflète dans les témoignages recueillis sur le terrain. Interrogée par Reuters et citée par Al Jazeera, Kriszta Tokes, une habitante de Budapest âgée de 24 ans, s’est dite à la fois « très excitée mais aussi très effrayée » par l’enjeu, précisant qu’elle envisageait de quitter la Hongrie en cas de nouvelle victoire de Viktor Orban.