Le tribunal arbitral de l’ONU demande à l’Etat du Sénégal de laisser Bibo Bourgi se soigner en France

La Commission d’arbitrage des Nations unies sur le droit commercial international a ordonné à l’État sénégalais de le laisser Bibo Bourgi se rendre en France pour se soigner.Bibo Bourgi a été incarcéré il y a une semaine. L’homme d’affaires avait saisi trois juridictions arbitrales internationales en vue de contester la confiscation par l’État du Sénégal de plusieurs sociétés dont il est actionnaire. Parmi elles, la Commission des Nations unies sur le droit commercial international (CNUDCI). Le 5 avril, à l’occasion d’une audience préliminaire, les avocats de Bibo Bourgi avaient plaidé pour que l’instance arbitrale, au titre des mesures conservatoires, ordonne à la justice sénégalaise de l’autoriser à aller recevoir des soins en France. Souffrant d’une lourde pathologie cardiaque, Bibo Bourgi est en effet suivi par un service parisien spécialisé. À plusieurs reprises, depuis sa mise en cause en 2013, l’homme d’affaires d’origine libanaise a produit des expertises médicales attestant que cette pathologie complexe ne peut être prise en charge au Sénégal et que son état de santé est incompatible avec la détention, même dans le cadre d’une unité spécialisée. Une thèse confirmée par un cardiologue sénégalais commis par la CREI, ce qui avait conduit les magistrats à remettre Bourgi en liberté au bout de deux mois, en juin 2013.

Le cas de Bibo Bourgi provoque également des remous au sein du Parlement européen, où la députée socialiste Pervenche Berès vient d’interpeller le président Martin Schulz, lui demandant d’évoquer personnellement la situation de l’homme d’affaires (qui possède aussi la nationalité française) avec le président Macky Sall. Martin Schulz, tout en précisant qu’il avait déjà été alerté à plusieurs reprises sur l’état de santé de Bibo Bourgi, s’est engagé à accomplir cette démarche auprès du chef de l’État sénégalais.

avec Jeune Afrique

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