Les relations sino-américaines s’apprêtent à franchir une nouvelle étape diplomatique. Après des mois d’échanges qualifiés de part et d’autre de « très bons », l’exécutif américain a validé l’organisation d’une rencontre au sommet à Pékin entre le président des États-Unis et son homologue chinois, Xi Jinping.
Selon les informations relayées par la chaîne Al Jazeera, Donald Trump se rendra en Chine du 31 mars au 2 avril prochain. Ce déplacement, confirmé vendredi par un responsable de la Maison Blanche, marquera la première visite officielle du dirigeant américain sur le sol chinois depuis 2017.
Le locataire de la Maison Blanche a lui-même commenté ce futur voyage jeudi, promettant un événement hors norme. « Ce sera un voyage fou », a-t-il déclaré, ajoutant vouloir organiser « la plus grande démonstration jamais vue dans l’histoire de la Chine ».
Cette annonce intervient dans un contexte économique particulièrement tendu. Vendredi, la Cour suprême des États-Unis a annulé les droits de douane imposés par Donald Trump à travers le monde. Ces barrières tarifaires, utilisées par le président américain comme levier de pression politique — une stratégie coercitive qui fait écho à d’autres décisions unilatérales telles que le récent blocage des visas visant le Sénégal et 74 autres pays —, figureront en tête des discussions à Pékin. La réponse de la Chine, qui a notamment cessé d’acheter du soja américain, sera également au cœur des négociations.
Sur le plan géopolitique et technologique, les divergences restent marquées. Alors que Pékin multiplie les investissements dans les énergies renouvelables et accroît ses exportations mondiales de véhicules électriques, Donald Trump continue de miser sur les énergies fossiles. De plus, les ventes continues d’armes de Washington à Taïwan, territoire que la Chine s’est promise de réunifier avec le continent, maintiennent une pression constante sur l’axe Washington-Pékin.
Ce séjour constituera le premier retour de Donald Trump en Chine depuis la pandémie de Covid-19, période durant laquelle il avait qualifié la maladie de « virus chinois ». De son côté, depuis la levée de son isolement strict et la réouverture de ses frontières en janvier 2023, Pékin intensifie son ouverture au monde. Outre la réception récente de dirigeants occidentaux, comme le Premier ministre canadien Mark Carney, la Chine accueille désormais des créateurs de contenu américains de premier plan, illustrant une volonté d’élargir son influence au-delà des seuls canaux diplomatiques traditionnels.