Visas bloqués pour le Sénégal et 74 pays : Une plainte fédérale tente de démonter la justification économique avancée par l’administration Trump

Une action en justice portée par un groupe de citoyens américains et d’organisations de défense des droits des immigrés remet en cause le fondement même de la récente suspension des visas d’immigration décidée par Washington. Cette mesure, qui touche les ressortissants de 75 pays, dont le Sénégal, repose sur une justification économique que les plaignants qualifient de « récit faux » et discriminatoire.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la plainte déposée ce lundi vise à contester l’une des restrictions les plus importantes de l’histoire récente en matière d’immigration légale aux États-Unis. Le département d’État américain avait justifié ce gel, annoncé à la mi-janvier, par la nécessité de mettre en « pause » le traitement des dossiers provenant de pays dont les migrants utiliseraient les aides sociales américaines à des taux jugés inacceptables. L’administration Trump affirme que cette suspension restera active tant qu’il ne sera pas garanti que les nouveaux arrivants « n’extrairont pas de richesses du peuple américain ».

Le recours juridique, soutenu notamment par le National Immigration Law Center, attaque frontalement cet argumentaire. La plainte de 106 pages allègue que l’administration s’appuie sur une affirmation « non étayée et manifestement fausse » selon laquelle les ressortissants des pays visés migrent pour dépendre de l’aide sociale. Les avocats des plaignants dénoncent une politique constituant une interdiction illégale fondée sur la nationalité et l’instauration de règles discriminatoires concernant la charge publique.

La liste des pays concernés par cette mesure est vaste. Outre le Sénégal, elle inclut en Afrique le Nigeria, la République Démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Ghana et la Somalie. D’autres nations comme l’Afghanistan, le Bangladesh, le Brésil ou la Russie figurent également parmi les 75 États ciblés. Il est à noter que cette restriction s’applique aux visas d’immigrant, souvent liés au regroupement familial ou à l’emploi spécialisé, mais épargne pour l’instant les visas non-immigrants, tels que ceux destinés au tourisme ou aux affaires.

Hasan Shafiqullah, avocat superviseur à la Legal Aid Society, décrit cette politique comme « arbitraire et profondément préjudiciable aux familles qui ont respecté les règles ». Les plaignants soulignent que la plupart des immigrés ne sont pas éligibles à la majorité des programmes d’aide gouvernementale, tout en étant soumis à l’impôt. Contrairement aux précédents décrets de l’administration Trump, souvent justifiés par des impératifs de « sécurité nationale », cette nouvelle suspension s’appuie exclusivement sur l’argument de la « charge publique ».

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