L’avenir administratif et sécuritaire de l’enclave palestinienne fait l’objet d’une nouvelle feuille de route détaillée. Ce document, structuré en plusieurs phases, propose de lier la relance humanitaire et le retrait militaire à une refonte totale de l’équilibre des forces sur le terrain.
Selon les documents consultés par Al Jazeera, le directeur général du « Board of Peace », Nickolay Mladenov, a soumis un plan de huit mois visant le désarmement progressif du Hamas et des autres factions palestiniennes. Cette instance de supervision, créée par le président américain Donald Trump à la suite du cessez-le-feu d’octobre, conditionne l’entrée des matériaux de reconstruction et l’augmentation de l’aide humanitaire à cette démilitarisation. Le territoire serait, à terme, placé sous l’administration exclusive d’un comité national palestinien.
Le processus repose sur une stricte réciprocité des engagements, divisée en plusieurs étapes. La première phase, couvrant les deux premières semaines, prévoit l’arrêt total des opérations militaires, l’application des protocoles humanitaires par Israël et le déploiement du comité national palestinien pour assumer les responsabilités administratives et sécuritaires. Entre le 16e et le 60e jour, le retrait des armes lourdes devrait débuter. Le plan fixe ensuite une échéance au 90e jour pour la destruction du réseau de tunnels, période durant laquelle Israël autoriserait l’installation d’unités résidentielles préfabriquées.
L’étape décisive est fixée au 251e jour. À cette date, des forces de sécurité sous l’égide du comité palestinien devront avoir collecté l’ensemble de l’arsenal. Si cette condition est remplie, les forces israéliennes se retireraient de Gaza, à l’exception d’un périmètre de sécurité maintenu jusqu’à ce que la zone soit jugée exempte de menaces. Les restrictions sur les matériaux dits à double usage (béton, acier, engrais, carburant) seraient alors levées pour permettre la reconstruction globale.
Sur le terrain, l’application d’un tel schéma se heurte à une réalité complexe. Le maintien des opérations israéliennes et des restrictions d’accès continue d’aggraver la crise, avec des centaines de morts recensées depuis l’instauration du cessez-le-feu. De son côté, le Hamas a systématiquement refusé d’abandonner son armement tant que la présence militaire israélienne perdure, considérant le désarmement comme une affaire interpalestinienne. Des experts palestiniens, cités par Al Jazeera, estiment que cette feuille de route équivaut dans les faits à une reddition politique du mouvement.
Présentant les grandes lignes de ce projet devant le Conseil de sécurité des Nations Unies mercredi, Nickolay Mladenov a indiqué que le document avait été transmis aux groupes armés concernés. Il a réitéré le principe d’une autorité unique pour Gaza, affirmant que « la population veut la reconstruction, et la reconstruction exige la mise hors service des armes ».
