Le Parlement britannique écarte les derniers obstacles et fixe l’horizon temporel pour la restitution des Chagos à Maurice

Le long feuilleton diplomatique et législatif concernant la souveraineté de l’archipel des Chagos aborde un virage déterminant au Royaume-Uni. Alors que les débats ont animé Westminster ces dernières semaines, le processus de transfert du territoire vers l’île Maurice vient de franchir un cap procédural majeur à la Chambre des Communes. Les autorités britanniques, pressées par le droit international, semblent désormais avoir une fenêtre de tir précise pour entériner cet accord historique.

Ce dossier complexe, qui mêle décolonisation et enjeux géostratégiques autour de la base de Diego Garcia, a vu l’exécutif londonien repousser plusieurs tentatives de modification du texte initial. Selon les informations d’Anadolu, le projet de loi intitulé Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill suit désormais une trajectoire accélérée vers sa promulgation.

Une validation royale attendue pour la mi-février

La Chambre des Communes a rejeté l’ensemble des amendements qui avaient été adoptés par la Chambre des Lords, permettant au texte de poursuivre son chemin sans altération majeure. Si le projet doit effectuer un dernier passage formel devant la chambre haute dans les prochains jours, l’issue ne fait plus guère de doute. Sauf revirement politique de dernière minute, potentiellement influencé par des pressions américaines, le texte devrait recevoir le Royal Assent (sanction royale) du roi Charles III vers la mi-février.

Cette étape, bien que formelle, constitue le verrou juridique final dans le système britannique. Elle transformera le projet en loi, scellant ainsi l’engagement du Royaume-Uni à restituer l’archipel à Maurice, plus de cinquante ans après son détachement controversé.

Les amendements sur le référendum et les coûts écartés

La phase parlementaire a été marquée par le refus catégorique de certaines propositions. Un amendement réclamant l’organisation d’un référendum pour les Chagossiens a été jugé irrecevable par le président de séance, au motif qu’il engageait des dépenses publiques non autorisées par l’exécutif. De même, les demandes de publication détaillée des coûts financiers du traité ou d’un contrôle parlementaire systématique des paiements ont été rejetées.

Le gouvernement britannique a justifié ces refus en invoquant la transparence déjà existante et le respect des prérogatives constitutionnelles. Stephen Doughty, ministre d’État aux Affaires étrangères, a insisté sur le fait que le texte actuel garantissait les intérêts de sécurité nationale, notamment concernant l’exploitation conjointe de la base militaire avec les États-Unis.

Optimisme prudent côté mauricien

Du côté de Port-Louis, l’avancée du dossier est suivie avec attention. L’Attorney General mauricien, Gavin Glover, s’est déclaré « prudemment optimiste », notant que la dynamique à Westminster confirme la volonté d’aboutir. L’accord prévoit que Maurice récupère la souveraineté sur l’archipel, tout en autorisant le maintien de la base stratégique de Diego Garcia pour une période initiale de 99 ans.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire