Le nouveau gouvernement du Kosovo flèche un milliard d’euros vers la production d’une technologie de combat précise

Après plus d’une année marquée par une paralysie institutionnelle, le parlement de Pristina a officiellement investi l’exécutif dirigé par Albin Kurti. Si ce vote met un terme à une longue période d’incertitude politique, il marque surtout le début d’une nouvelle orientation stratégique pour le pays, matérialisée par une priorité budgétaire massive en faveur de la défense nationale.

L’assemblée, composée de 120 sièges, a validé la composition du cabinet par 66 voix contre 49 ce mercredi. Cette investiture intervient quelques heures seulement après la première réunion du parlement issue des élections anticipées de décembre, remportées par le parti Vetevendosje.

Une priorité militaire chiffrée et ciblée

Dès sa prise de parole précédant le vote, le Premier ministre a défini les axes majeurs de son programme législatif. Au-delà des enjeux économiques classiques, Albin Kurti a mis l’accent sur un renforcement substantiel des capacités de défense. Selon les informations relayées par notre confrère Al Jazeera, le chef du gouvernement prévoit un investissement d’un milliard d’euros (environ 1,18 milliard de dollars) à des fins militaires.

Ce financement ne vise pas uniquement la modernisation générale des troupes. Le plan gouvernemental cible explicitement le développement d’une capacité offensive autonome, incluant la production de drones de combat. Cette orientation répond directement au contexte sécuritaire régional, Albin Kurti ayant rappelé que le pays a fait face à « des attaques et des menaces constantes de la part de la Serbie » au cours des dernières années.

La normalisation sous conditions

Malgré ce ton ferme, le Premier ministre, ancien prisonnier politique, a assuré vouloir poursuivre la « normalisation des relations » avec Belgrade. Cette démarche, essentielle pour les ambitions d’intégration européenne des deux nations, reste toutefois conditionnée. Kurti prône une relation bilatérale d’égal à égal, excluant toute « interférence ou ingérence dans les affaires intérieures ».

La situation demeure particulièrement sensible dans le nord du Kosovo, zone où réside la majorité de la minorité ethnique serbe. La Serbie ne reconnaît toujours pas l’indépendance de son voisin, déclarée en 2008.

Un mandat après une crise électorale

L’arrivée aux affaires de l’équipe Kurti clôt un chapitre politique tumultueux. Le pays sortait d’une impasse née d’un scrutin non concluant en février de l’année précédente. Les divisions profondes au sein de l’hémicycle avaient finalement contraint à la tenue d’élections anticipées en décembre, où le parti de Kurti a raflé plus de 51 % des suffrages, sécurisant 57 sièges.

La confirmation de cette victoire a néanmoins nécessité plusieurs semaines, ralentie par des allégations d’irrégularités dans le comptage. Une enquête criminelle a d’ailleurs conduit à l’arrestation de plus de 100 membres du personnel électoral.

Désormais en poste, le gouvernement doit s’atteler à des chantiers urgents, notamment l’approbation du budget 2026, la réforme des systèmes de santé et d’éducation, ainsi que la validation de prêts internationaux cruciaux, y compris ceux provenant de l’Union européenne.

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