Le nombre de milliards libanais visés par la nouvelle enquête ouverte en France

La justice française a ouvert une nouvelle enquête sur d’importants mouvements de fonds libanais vers l’Europe. Ces investigations portent sur des capitaux expédiés à l’étranger par des établissements bancaires lors de l’effondrement économique de 2019, à une période où des restrictions draconiennes bloquaient pourtant l’épargne des citoyens.

Selon les informations rapportées par Insider Paper, la procédure vise des transferts s’élevant à environ 15 milliards de dollars. Ces opérations auraient été effectuées par deux grandes banques libanaises vers leurs filiales européennes, pendant et après le déclenchement de la crise financière. L’enquête, officiellement ouverte au début de ce mois, fait suite à deux plaintes déposées en juillet par le Collectif des victimes des pratiques frauduleuses et criminelles au Liban, ainsi que par l’organisation de lutte contre la corruption Sherpa.

Les avocats des plaignants, William Bourdon et Vincent Brengarth, indiquent que ces transferts ont été réalisés avec la complicité d’anciens dirigeants de la banque centrale libanaise. Le dispositif aurait permis de sécuriser des sommes considérables au profit d’intérêts privés, au moment même où de nombreux déposants se retrouvaient dans l’impossibilité d’accéder à leurs économies, certains allant jusqu’à braquer leurs propres banques par désespoir.

Les établissements spécifiquement mis en cause en France pour recel sont la Banque Richelieu France, liée à la banque libanaise SGBL, et la filiale française de Bank Audi. La Banque Richelieu France a rejeté ces accusations et a assuré qu’elle coopérerait avec les enquêteurs. De son côté, Bank Audi n’a pas immédiatement répondu aux sollicitations de la presse pour commenter l’affaire.

La justice française a déjà eu l’occasion d’examiner les rouages du système bancaire libanais dans le cadre de précédentes procédures portant sur des soupçons de « biens mal acquis ». Ces dossiers ont notamment ciblé l’ancien Premier ministre Najib Mikati et l’ex-gouverneur de la banque centrale Riad Salameh, qui rejettent tous deux les faits reprochés. À la tête de l’institution monétaire de 1993 à 2023, Riad Salameh a d’ailleurs été inculpé au Liban l’année dernière pour le détournement présumé de 44 millions de dollars.

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