L’administration Trump poursuivie en justice pour avoir supprimé ce dispositif de sécurité sanitaire de 2009

La bataille juridique autour de la dérégulation environnementale aux États-Unis vient de franchir un nouveau cap. Alors que l’exécutif américain multiplie les initiatives pour démanteler l’héritage climatique des précédentes mandatures, une riposte judiciaire d’envergure s’organise à Washington. Une large coalition d’organisations a officiellement saisi les tribunaux fédéraux pour contester une décision récente de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), jugée lourde de conséquences pour la santé publique.

C’est une contre-offensive directe face à la politique du « Drill, baby, drill » prônée par la Maison Blanche. Mercredi, plus d’une douzaine de groupes de défense de la santé et de l’environnement ont déposé une plainte devant le circuit judiciaire de Washington DC. Cette action vise l’EPA et son administrateur, Lee Zeldin, en réponse à une mesure actée le 12 février dernier : l’abrogation du « constat de mise en danger » (endangerment finding).

Ce texte, établi en 2009, constituait la base légale reconnaissant que les gaz à effet de serre représentent un risque avéré pour la santé publique et la sécurité environnementale. Sa suppression par l’administration Trump est perçue par les plaignants comme un point de bascule dangereux. Selon nos informations, confirmées par Al Jazeera, la plainte allègue que cette décision expose directement les citoyens américains à des risques sanitaires accrus.

Peter Zalzal, vice-président associé de l’Environmental Defense Fund, l’une des organisations plaignantes, a qualifié cette abrogation de menace collective : « Cela nous met tous en péril. Les gens partout feront face à plus de pollution, des coûts plus élevés et des milliers de décès évitables », a-t-il déclaré. L’Organisation mondiale de la santé estime d’ailleurs que la pollution de l’air contribue chaque année à plus de sept millions de décès dans le monde.

Pour l’administration républicaine, cette suppression est au contraire présentée comme « la plus grande action de dérégulation de l’histoire des États-Unis ». Le président Donald Trump, qui a qualifié le changement climatique de « plus grande escroquerie jamais perpétrée », estime que ces régulations brident l’économie. Il a d’ailleurs signé, dès son retour en janvier 2025, le retrait des États-Unis de l’accord de Paris et ordonné la fin de la collaboration avec plusieurs instances internationales, dont le GIEC.

Au-delà de l’aspect sanitaire, les critiques soulignent un risque économique paradoxal. Brian Lynk, avocat principal au sein de l’Environmental Law and Policy Center, dénonce une « incertitude immédiate pour les entreprises ». En supprimant les normes d’émissions qui découlaient de ce constat de 2009, les véhicules fabriqués aux États-Unis pourraient ne plus répondre aux standards internationaux, fermant ainsi des marchés d’exportation cruciaux pour l’industrie automobile américaine.

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