La proportion inédite des dettes budgétaires de l’ONU imputable à la seule administration américaine

Le fonctionnement des Nations Unies se heurte actuellement à une contrainte budgétaire majeure liée aux contributions de son principal bailleur. Face à des engagements financiers non honorés, l’organisation internationale sollicite désormais des clarifications immédiates auprès de Washington. Si des promesses de régularisation ont été formulées par la diplomatie américaine, le calendrier et les montants exacts restent à définir.

Le dialogue est établi, mais les chiffres manquent encore à l’appel. Selon le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, des échanges réguliers ont lieu avec l’ambassadeur américain Mike Waltz pour débloquer la situation. Bien que ce dernier ait annoncé la semaine dernière que les versements débuteraient « dans quelques semaines », l’administration onusienne attend des données techniques précises. Le contrôleur budgétaire de l’organisation reste en attente de confirmations sur la date exacte des virements et leur volume financier.

L’insistance du Secrétariat général s’explique par l’ampleur du déficit. Les données officielles indiquent que les impayés des États-Unis représentent aujourd’hui environ 95 % de la totalité des dettes budgétaires dues à l’ONU. Au début du mois de février, Washington devait près de 2,19 milliards de dollars au titre du budget de fonctionnement, auxquels s’ajoutent 2,4 milliards pour les missions de maintien de la paix et 43,6 millions pour les tribunaux internationaux. Comme le précise Al Jazeera, les États-Unis n’ont pas réglé 827 millions de dollars pour l’année dernière et n’ont versé aucun fonds sur les 767 millions attendus pour 2026.

Cette situation de trésorerie fait peser un risque lourd sur l’institution. Dans une lettre adressée aux États membres en janvier, le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a évoqué un risque d’« effondrement financier imminent ». Les répercussions sont déjà concrètes pour certaines agences, notamment le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Son dirigeant, Volker Turk, a déclaré que ses services fonctionnaient désormais en « mode survie » suite aux coupes budgétaires décidées par l’administration du Président Donald Trump.

Face à ces alertes, la partie américaine lie le déblocage des fonds à des considérations politiques. Mike Waltz a confié à l’agence Reuters qu’une « tranche initiale » importante serait versée très prochainement. Il a justifié ce geste par la reconnaissance de certaines réformes au sein de l’organisation. Cette approche s’inscrit dans la ligne diplomatique des républicains, qui privilégient la souveraineté de l’État-nation sur les régulations des organismes internationaux, souvent perçues comme contraires aux intérêts américains.

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Un commentaire

  1. Macky sall est un spécialiste des dettes cachées, certainement il pourrait régler ce problème. C’est l’homme qui peut tout faire.

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